Voitures d'occasion: pourquoi les ventes s'effondrent

Voitures d’occasion: pourquoi les ventes s’effondrent

En janvier, les ventes de voitures d’occasion ont baissé pour la 7e fois en 8 mois. Une situation qui s’explique principalement par la crise que traverse le marché du neuf et égallement des prix pour des véhicules de seconde main qui s’envolent.

Après avoir atteint un niveau record en 2021, le marché de l’occasion traverse pourtant une importante période de turbulences. En janvier, les ventes viennent ainsi de reculer de 9.4% par rapport au même mois l’an dernier, avec 435.754 immatriculations, d’après les données du site spécialisé Autoscout24.

C’est tout simplement le 7e mois de baisse du marché de l’occasion français sur les 8 derniers mois, avec des taux s’approchant à chaque fois des -10%.

“Les résultats de janvier sont mitigés, avec une forte baisse par rapport à janvier 2021 mais qui reste à relativiser car on sortait alors du deuxième confinement, avec un rattrapage des ventes non réalisériosées. janvier 2020, juste avant la pandémie, avec une chute de 14%”, explique Vincent Hancart, directeur général d’AutoScout24 France

Un prix moyen qui frôle les 27.000 euros

Derrière cette situation, la crise sur le marché du neuf (-18,6% en janvier), toujours perturbé par les pénuries de composants, ce qui réduit mécaniquement l’offre sur le marché de l’occasion. En janvier, le ratio ventes de voitures d’occasion sur ventes de voitures neuves a ainsi atteint un nouveau niveau record, à 4,23, du jamais vu. Il était de 3,6 en en 2021.

Face à des délais de livraison qui explosent, les occasions, surtout récentes, s’arrachent. A tel point que le prix moyen s’envole, s’approchant des 27.000 euros en janvier, après une hausse de 13% l’an dernier. Il se situait encore sous les 23.000 euros en septembre 2019.

Le Diesel reste numéro un

“Avec +6,2% en 2021, le prix moyen des diesels augmente beaucoup moins que les modèles essence, avec près de +20%”, indique Vincent Hancart.

Une situation bien sûr liée à l’avenir incertain autour de cette motorisation, qui ne pourra bientôt plus rouler dans les principales villes de France avec la mise en place des ZFE.

Alors que dans le neuf, le diesel représentait moins de 20% des ventes en janvier, il reste une motorisation très prisée sur le marché de l’occasion, avec plus de 54% de part de marché le mois dernier.

“Avec la hausse actuelle du prix des carburants, le rendement du diesel reste meilleur, ce qui est toujours intéressant pour un automobiliste qui roule beaucoup”, souligne Vincent Hancart.

Autre explication selon lui à ce phénomène: une offre de modèles essence insuffisante pour alimenter le marché dans ce contexte de sortie du diesel, auquel s’ajoute une forte baisse des immatriculations tactiques. Ces ventes de véhicules neufs que réalisent parfois les constructeurs à prix cassé pour écouler des stocks, dans un contexte de changement de norme réglementaire ou pour atteindre des objectifs commerciaux. L’achat de modèles de moins de 1 an recule ainsi de 33% par rapport à janvier 2021.

Des modèles électrifiés encore discrets

Alors que les ventes de voitures électrifiées (hybrides et 100% électriques) représentaient près de 40% des ventes dans le neuf en janvier, ce taux est plus proche des 5% dans l’occasion.

Avec l’offre de véhicules électriques qui se développe très fortement ces derniers temps, Vincent Hancart estime que cette part pourrait atteindre 10% à la fin de l’année. Les aides nationales et locales pour changer de véhicule pourraient en effet permettre de franchir ce cap symbolique.

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