comment le Covid-19 a compliqué la préparation des athlètes

comment le Covid-19 a compliqué la préparation des athlètes

Devant le stade national de Pékin, le 30 decembre 2021.

Avant d’atterrir à Pékin pour les Jeux d’hiver, du 4 au 20 février, Alexis Pinturault n’a vu la piste qui accueille les épreuves olympiques de ski alpin qu’à travers une vidéo, glanée « sur Internet ». Perrine Laffont s’apprête à défendre son titre en ski de bosses au Genting Snow Park de Zhangjiakou, qu’elle n’a pu appréhender que grâce à une simple photographie. « Pas très représentatif », concède l’Ariégeoise. Antoine Adelisse a eu plus de chance : le freestyleur a pu tester le tremplin de Shougang, ou se dérouleront les toutes premières épreuves olympiques de ski big air, en… décembre 2019.

La pandémie de Covid-19 a perturbé la préparation des athlètes. Notamment en raison de l’annulation de nombreuses épreuves tests, ces rendez-vous permettant aux compétiteurs de découvrir en conditions réelles les infrastructures. Il aura fallu attendre une centaine de jours avant la cérémonie d’ouverture pour que les sportifs étrangers et leurs encadrements puissent se rendre en Chine et rejoindre les sites où se déroulera la grand-messe des sports de ne.

Des mesures radicals

A la fin du mois de novembre 2021, les spécialistes du skicross et du snowboardcross ont lancé leur saison à Zhangjiakou, station qui accueillera les épreuves. Un mois plus tôt, les bobeurs avaient pu découvrir le Center national de glisse de Yanqing et y procéder à quelques descentes. Signe de l’importance de ce premier test en conditions réelles: seul l’attelage chinois avait fait l’impasse, pour ne pas dévoiler ses lignes à ses adversaires.

« Il s’agit d’une piste nouvelle, c’était essentiel de la découvrir pour travailler les trajectoires, pouvoir adapter le matériel »explique le manageur des équipes de France des disciplines de descente, Alexandre Vanhoutte.

La Chine, où onté rapportés les premiers cas de Covid-19, fin 2019, a quasiment éradiqué la contagion au prix de mesures radicales. Et si pékin a levé dans le cadre des épreuves tests les deux semaines d’isolement imposées aux ressortissants étrangers arrivant dans le pays, ceux-ci ont dû vivre complètement isolés du reste de la population.

Entre la reprise de la saison officielle et, dans certains cas, un quota Olympic restant à valider, certain athlètes ont toutefois préféré faire l’impasse sur une escale chinoise en amont de la compétition. Pour eux, les conditions sur place restent une interrogation.

Un ventilateur géant

« D’habitude, on peut adapter la préparation pendant l’été à telle montée qui ressemble à la piste des Jeux, résume le biathlète français Simon Desthieux. Là on n’a rien de tout ça. » Il a fallu composer avec les rares éléments connus : l’absence de neige – à Yanqing, où doit se dérouler le ski alpin, il tombe en moyenne cinq centimètres de neige par an -, le risque de températures.

Les compétiteurs étrangers ont surtout pu compter sur les retours de leurs compatriotes, recrutés par la Chine pour former ses champions. L’ancien médaillé olympique français de tir à la carabine Jean-Pierre Amat, qui a rejoint en 2019 la Fédération chinoise de biathlon, ainsi été une source d’information précieuse pour les Bleus.

Prévenus notamment du vent fort qui balaie la zone de Zhangjiakou, nombre de biathlètes internationaux n’ont eu d’autre choix que d’innover pour se préparer aux perturbations escomptées lors des séances de tir. « On essaie d’être créatifs sur le froid et les conditions venteuses », confiait le Français Quentin Fillon Maillet. A l’occasion d’un stage sur le stade de ski Birkebeineren à Lillehammer, les Norvégiens ont testé un ventilateur géant.

Paradoxalement, à en écouter certains, ce saut dans l’inconnu ne serait pas une si mauvaise chose. Fabien Saguez, le directeur technique national du ski auprès de la Fédération française, y voit même une « aubaine » : à l’exception des Chinois, « personne n’a pu prendre l’avantage du terrain ». Et d’insister : « Ça remet les compteurs à zéro, il faut qu’on en fasse une réelle force. »

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