regardez “Le Roi David”, de Lila Pinell

regardez “Le Roi David”, de Lila Pinell

Pendant la 44e édition du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, du 28 janvier au 5 février, “Télérama” vous fait partager ses six coups de cœur. Aujourd’hui, “Le Roi David”, de Lila Pinell, à voir sur Télérama.fr via arte.tv.

Faux ongles, talons compensés et fringues ultra moulantes, Shana est une reine. De l’embrouille. Mais elle a promis : c’est fini, les plans foireux, les mauvaises fréquentations, son histoire avec David. À sa copine, elle dit qu’elle va bientôt partir faire la récolte de la beuh, en Californie ! En attendant, la bimbo continue de faire ses courses sans payer… Un sacré phénomène, cette fille. Une baratineuse de première, imbattable à la tchatche, indocile, agaçante. Attachante aussi, car perdante.

La réalisatrice, qui vient du documentaire, ne la quitte pas d’une semelle, transformant sa conduite d’échec en aventure picaresque. Shana croise des personnages hauts en couleur, certains bienveillants, d’autres moins. Il y aurait de quoi craquer – un moment d’ailleurs, elle fond en larmes. Heureusement, à l’image de son titre, Le Roi David sait décoller de la morne réalité pour faire miroiter de l’imaginaire et de l’espoir. Lila Pinell avait déjà filmé Eva Huault lorsqu’elle avait 10 ans, dans un documentaire. On comprend qu’elle ait eu de nouveau envie de la filmer, tant cette demoiselle dégage de l’énergie et appelle la fiction. Il ya des chances qu’on la revoit bientôt.

Qui êtes-vous ?
Je suis Lila Pinell, j’ai 41 ans.

Votre parcours avant ce film ?
Je réalise des documentaires depuis longtemps, et en 2017, j’ai coréalisé un long métrage de fiction Kiss and Cry avec Chloé Mahieu, qui était à l’Acid, à Cannes, et qui est sorti en salles. Il raconte le parcours d’une jeune patineuse de haut niveau de 14 ans. Elle est à un moment où elle ne sait plus très bien si elle veut continuer à patiner, et si elle le fait pour elle, pour sa mère ou pour son entraîneur. Les acteurs du film sont des vrais patineurs, des vrais parents, des vrais entraîneurs, et il ya une actrice professionnelle, Dinara Droukarova, qui joue la mère de l’héroïne. Le film est un mélange entre des éléments documentaires et des choses fictionnelles.

Pourquoi ce court aujourd’hui ?
April Kiss and Cry, un film entièrement improvisé, tourné en quelques semaines réparties sur une année, j’ai eu envie de faire un film plus écrit, tout en restant dans un dispositif proche du documentaire. Mais ce qui m’a donné envie de faire ce film, ce sont avant tout mes retrouvailles avec Eva, l’interprète de Shana. J’avais déjà tourné un documentaire avec elle en 2007, quand elle avait 10 ans, dans une colonie de vacances. J’avais flashé sur elle et j’ai eu beaucoup de plaisir à la retrouver dix ans plus tard, un peu par hasard. Elle était transformée par la vie, c’était devenue une femme, mais j’ai retrouvé tout ce que j’aimais en elle quand elle était enfant.

Citez trois cinéastes ou trois films qui vous ont donné envie de faire du cinéma, qui vous ont influencée ?
Il ya beaucoup de films qui m’ont donné envie de faire du cinéma, mais spontanément je dirais : L’Ombre d’un doute, d’Alfred Hitchcock, Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy, et À nos amours, de Maurice Pialat.

Lila Pinell, réalisatrice du « Roi David » : « J'ai eu envie de faire un film plus écrit, tout en restant dans un dispositif proche du documentaire.  »

Lila Pinell, réalisatrice du « Roi David » : « J’ai eu envie de faire un film plus écrit, tout en restant dans un dispositif proche du documentaire. »

Photo Ward Ivan Rafik

Quelle est votre profession, court métragiste ?
Je vis grâce aux documentaires que je réalise et la plupart font moins d’une heure, donc oui.

Après le court, forcément le long ?
Oui, ce serait bien. Mais j’adore faire des courts métrags.

Votre histoire avec Clermont ?
C’est la première fois que je viens.

Le meilleur court métrage de ces dix dernières années ?
Svyato, de Victor Kossakovsky. Je ne sais pas si c’est le meilleur mais il m’a marqué. Le réalisateur a un petit garçon de 2 ans, il a évité de le mettre devant un miroir depuis sa naissance. Le film, c’est la découverte que fait l’enfant de son propre reflet. On assiste au moment où l’enfant comprend que c’est lui dans le miroir, c’est très beau.

Le meilleur court métrage de tous les temps ?
Une partie de campagne, de Jean Renoir, et Herman Slobbe, de Johan van der Keuken.

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