Cédric Jimenez réagit à la projection de "Bac Nord" lors du grand oral d'Alliance

Cédric Jimenez réagit à la projection de “Bac Nord” lors du grand oral d’Alliance

Le syndicat de police Alliance a projeté le film “Bac Nord” en prélude d’une rencontre avec des candidats à l’élection présidentelle. Son réalisateur, Cédric Jimenez, déplore auprès de France Inter une énième “récupération politique”.

Gilles Lellouche, lors d'une séquence du film "Bac Nord".
Gilles Lellouche, lors d’une séquence du film “Bac Nord”. © Jérôme MACE/Chifoumi Productions

Le film “Bac Nord” fait parler de lui, encore une fois. Six mois mois après sa sortie, une semaine après l’anno de ses sept nominations aux César, le syndicat de police Alliance, classé à droite, l’a projeté mercredi matin, au Club de l’Étoile à Paris, devant une centaine de polices. Une projection organisée avant une rencontre avec plusieurs candidats à la présidetielle. Marine Le Pen, Éric Zemmour, Valérie Pécresse, tous les trois ont déjà cité cette fiction, érigée en exemple quand il s’agit de parler des quartiers ou du quotidien de la police.

“Bac Nord” s’inspire d’une retentissante affaire judiciaire à Marseille, dans le cadre de laquelle 18 policiers et anciens policiers ont été jugés. Interrogé par France Inter, le réalisateur Cédric Jimenez regrette cette initiative. Il assure qu’il n’a pas été prévenu et estime que son film ne doit pas être cité comme argument politique.

FRANCE INTER : Le film est projeté avant une rencontre organisée par un syndicat, vous le saviez ?

CEDRIC JIMENEZ : “Non, ils ne m’ont pas demandé, je n’étais pas au courant. Je l’ai appris très tard, en fin de semaine dernière. Je sais qu’ils ont demandé au producteur la bande annonce, ce qu’on” a refusé. Malgré ça, on ne peut rien faire, on ne peut pas empêcher les gens de visionner le film. On n’a pas été prévenus, on a encore moins donné notre accord. On ne peut rien faire. , cela m’ennuie beaucoup, parce qu’un film reste une œuvre cinématographique et il ne peut pas devenir un objet politique. Moi, je suis très gêné par ça.”

Le présenter avant des discours de candidats à la présidentielle at-il du sens ?

“Ça n’a aucun sens. Je le répète, c’est un film, pas un documentaire ni une caméra cachée. J’ai fait un film avec un point de vue. C’est une affaire très particulière, exceptionnelle, où des flics se sont retrouvés en prison. Cela n’arrive pas tous les jours. faux, donc c’est un film, une fiction, qui se concentre sur une affaire judiciaire. C’est comme si on disait qu’après avoir vu Scarface, on considérait que tous les exilés du régime de Castro étaient des gangsters. ‘était évidemment pas le cas. Il faut quand même rester à hauteur de cinéma et à la hauteur de ce que le film raconte, non pas d’un point de vue idéologique, mais d’un point narratif que ‘joutent que , ce que je peux lire, me paraît complètement démesuré et me paraît assez absurde compte tenu de ce qu’est un film.”

Est-ce que ça vous refroidit de faire d’autres films de ce style, par crainte de le voir reprendre par des politiques ?

“Forcément et quelque soit le propos. S’il ya une récupération politique à chaque fois que le propos d’un film touche à quelque chose de politique, ça veut dire qu’il ne nous reste plus qu’à faire des comédies.fa C’est inquiétant de façon générale, pas juste pour mon cas. Si on fait du cinéma, c’est bien parce qu’on a choisi de ne pas faire de la politique. suis pas exaspéré, le mot un peu fort, je suis plutôt un peu halluciné de voir ça. Il n’y aurait pas mieux à faire? police, pour parler des problèmes sociaux dans les cités.”

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