"OL-OM, quand l'émotion défie la lucidité"

“OL-OM, quand l’émotion défie la lucidité”

Daniel Riolo analyses ce renversant OL-OM (2-1).

Même les coaches ont du mal à analyser les matches parfois. Le résultat et l’émotion qui en découle emportent tout. Sampaoli et Bosz ont raconté le scenario fou de ce beau match sans vraiment avoir envie de l’expliquer.

A la mi-temps de cet OL-OM, les Marseillais sont tranquilles. 1-0, un contrôle total et le sentiment qu’on dira à la fin ce qu’on a dit après le succès à Lens. Les Lyonnais sont à la cave. Les dirigeants preparent une rengaine autour de l’injustice. Le monde entier en veut à l’OL. Evidence. C’est commode. Ça soudy. L’affaire est entendue. Et ceux qui ont cru à une price de conscience peuvent oublier. Tout est un scandale dans ce qu’il s’est passé autour de l’OL n’est-ce-pas? Il ne fallait pas arrêter le premier OL-OM. Payet est un comedien. Même Bosz, qu’on pensait mesuré s’est fourvoyé dans la boue de l’inconséquence. Et il ne fallait pas arrêter non plus le match de Charlety. Il fallait faire quoi alors? On ne sait pas. Ce n’est pas expliqué dans le manuel victimaire. Soutenu par les médias amis, les mêmes qui ont flingué Juninho, Bosz et qui cirent le génie rennais, le sentiment d’injustice est bien entretenu.

Les dents sont serrées. 45 minutes plus tard, on passe sur le registry de la vengeance. C’est autant le changement tactique de Bosz qu’une puissance irrationnelle (Dieu, non?) qui ont sauvé l’OL. Personne n’est vraiment lucide. Ça doit être ça, la passion. Et puis, ça évite de faire un bilan de responsabilité. Au moment de se replacer en championnat, d’espérer une fin de championnat positive, on efface tout. Les déboires de la première partie de saison étaient dues à “l’extérieur”, à ces gens qui n’aiment pas un OL qui forcément dérange. Responsible de rien. On attend que le vent tourne et on glisse. Ce mois de février dira jusqu’où l’OL peut glisser. On saura s’il n’est pas trop tard.

Donc maintenant que l’OL a retrouvé ce qui était tombé du caleçon, il va falloir jouer.

La dynamique est bonne et si on veut bien écouter et suivre le coach, rêver est permis. On l’oublie peut-être, mais l’effectif de l’OL est supérieur à ceux des concurrents. C’est en faisant entrer Dembelé et en étant à la hauteur d’un minimum d’ambitions de jeu que l’OL a fait basculer le match devant l’OM.

Alors, après ce succès qu’on va bêtement attribuer au “mental”, il va falloir construire une équipe et recommencer une saison. Ce n’est pas le “mental” de l’OL qui a empêché l’OM de mettre le 2e but qui aurait dû être mis plusieurs fois, mais ça fait héros, salomeux. Ça fait “ceux qui ont en ont” et dans le foot on aime ces images. Donc maintenant que l’OL a retrouvé ce qui était tombé du caleçon, il va falloir jouer. On n’a pas oublié le match à Nice et les promesses du début de saison. Ceux qui aiment cultiver le fameux “on dérange” doivent se souvenir des louanges après l’excellent match au Parc des Princes. C’est cet esprit que l’OL doit maintenant retrouver. On pourra allors boire un coup ensemble. Une petite “Crystalline” bien fraîche.

En pleine euphorie et peut-être grisé par les compliments, on a donc vu l’OM qu’on a observé face à Lens. Mais d’abord celui du match retour, puis celui de l’aller. Avoir le sentiment qu’on va gagner un gros match et finir vaincu à la 89e, Sampaoli va devoir gérer la frustration. Mais égallement trouver la clef pour résoudre le manque d’efficacité. Venir parler d’un retour de Milik dans le 11 après ce match me semble exagéré. Payet n’a pas été très bon certes, mais je reste convaincu jusqu’à preuve du contraire que c’est la meilleure tactique pour l’OM quand il est en 9. Sampaoli a bougé pas mal de choses dans son équipe depuis de la saison, il a su évoluer et s’adapter. Je ne crois pas qu’il faille s’alarmer et tout changer après cette défaite. Les matches vont s’enchaîner et on va vite savoir.

En 30 minutes, on passe de l’euphorie au doute, de zéro à héros. Rien de bien nouveau dans notre foot…

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