Cyril Hanouna accusé de donner trop de visibilité à Eric Zemmour : 5 minutes pour comprendre la polémique

Cyril Hanouna accusé de donner trop de visibilité à Eric Zemmour : 5 minutes pour comprendre la polémique

Quand le CNRS passe Cyril Hanouna au crible. Une chercheuse du CNRS a livré une analyse de la pré-campagne de l’élection présidentielle depuis le plateau de l’émission Touche pas à mon poste (TPMP) sur C8. Un résultat émerge : le temps d’antenne dédié au candidat Eric Zemmour écrase les autres. Une observation contestée en bloc mardi soir par Cyril Hanouna et l’ensemble de ses chroniqueurs. Explications.

Que dit l’étude ?

Après avoir regardé attentivement l’émission de septembre à décembre 2021, Claire Sécail, chargée de recherche au CNRS livre son analyse. Éric Zemmour à lui-seul représente presque autant que les dix autres candidats présumés réunis. Selon son analyse, le candidat représente 44% du temps d’antenne politique, contre 22% pour Macron ou 7,1 pour Marine Le Pen. Durant ces mois, l’émission s’est “transformée en simple relais de la parole de celui qui n’était alors pas candidat mais mobilisait déjà tous les espaces médiatiques du groupe Bolloré”, indique-t-elle. Cela se traduit par la diffusion de vidéo « exclusive » du polémiste diffusée à l’antenne ou encore un appel aux téléspectateurs de TPMP après la décision de CNews de finalement le retirer de l’antenne.

En analysant le temps d’antenne de chaque parti, l’extrême droite arrive égallement largement en tête, avec plus de 50%, suivie de loin par la majorité (22%) et la gauche (7%). Autre constat, le traitement du cas Zemmour serait la plupart du temps celui de la “victimisation”. Le candidat est présenté comme la cible de multiples attaques qu’elles soient physiques (agression dans la rue) ou symboliques (la « bien-pensance », le CSA), poursuit l’étude. « Éric Zemmour est celui que l’on censure, que l’on cherche à blesser, à faire taire », note Claire Sérail.

Enfin, la chercheuse souligne encore le « ton complaisant » de l’émission envers l’exécutif, l’animateur ne posant selon elle que « des questions inoffensives ». Elle cite ainsi les entretiens menés avec Jean-Michel Blanquer en septembre dernier, mais aussi Elisabeth Moreno ou Marlène Schiappa, tous « pouvant tranquillement dérouler leurs éléments de langage » en plateau.

Que répond Hanouna ?

L’étude, dont l’ensemble des travaux est en ligne, a été relayée par plusieurs médias, dont France Inter ou encore L’Humanité qui en a consacré sa une, titrant « Cyril Hanouna, le bouffon au service de l’extrême ». En plateau mardi soir, l’animateur a contesté les observations de la chercheuse, appuyé par son équipe de chroniqueurs. Pour Claire Sérail, l’émission aurait consacré 52,9% de son temps d’antenne politique au discours d’extrême droite, entre les mois de septembre et de décembre 2021. « C’est faux. Beaucoup disent que c’est 53 % du temps d’antenne de TPMP, alors que le temps d’antenne politique ne représente que 17 % de l’émission, donc c’est que 8,5 % de l’émission globale », a défendu Cyril Hanouna.

« Ensuite, on ne va pas se mentir. Éric Zemmour c’est toujours un carton d’audience », at-il poursuivi en citant les chiffres d’audiences du candidat d’extrême droite sur d’autres chaînes. « Donc, nous, on parle d’Éric Zemmour, pourquoi ? On ne va pas se mentir, c’est lui qui fait aujourd’hui le plus parler de lui », conclut-il, ajoutant que la chercheuse serait forcément « politisée ».

Que répond la chercheuse ?

La réponse de Cyril Hanouna n’a pas échappé à la spécialiste qui a réagi dans la soirée. « Ivre, elle décide de retranscrire le soir même la séquence de TPMP dans laquelle elle se fait méchamment ruiner sa réputation et celle de toute l’institution qui la paye honteusement à regarder la séquence de la tquem mrémé sa réputation » , at-elle ironisé sur Twitter.

La chercheuse a expliqué sa méthode, en partageant des « relevés de la chaîne transmis au CSA » et en glissant des annexes dans son étude. Selon elle, il s’agit de “compter les temps de parole et d’antenne des différents intervenants des plateaux politiques en tenant compte des modalités d’interaction et des effets de production”, comme le “cadrage des thématiques”, la “capacity”. des contradicteurs invités à décadrer à leur avantage une question centrée sur leur adversaire et exposer leurs propres idées politiques », la « capacité des chroniqueurs à s’affranchir du cadrage imposé » ou encores lero lero-é contexts »

Cette méthode « différent des règles plus mécanistes de l’Arcom » (l’ancien CSA), reconnaît la chercheuse, mais « permet de penser de manière plus fine l’économie sociale et discursive des contenus médiatiques ». Au passage, l’universitaire a précisé aux équipes de C8 “être disponible n’importe quand pour discuter, mais pas pour alicenter un plateau” tant qu’elle n’a “pas terminé cette étude”.

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