Un gérant de bars jugé à Paris pour viols et agressions sexuelles

Un gérant de bars jugé à Paris pour viols et agressions sexuelles

Wilfried Nkongo, 41 ans, est suspecté de quatre viols et deux agressions sexuelles, sur des employées de son établissement et des connaissances.

Quelques mois avant la déflagration #MeToo, la plainte d’une femme pour viol libérait la parole d’autres se disant victimes des agissements d’un gérant de bars. Le procès de cet homme, jugé pour quatre viols et deux agressions sexuelles entre 2016 et 2018, s’est ouvert lundi matin devant la cour d’assises de Paris.

Wilfried Nkongo, 41 ans, pull noir et crâne rasé, masque chirurgical sur le visage, comparaît détenu jusqu’à vendredi. Il conteste fermement les accusations, selon sa défense.

L’affaire débute le 28 mai 2017. Une jeune femme, serveuse dans l’un des établissements de nuit gérés par l’accusé, vient dénoncer un viol subi quelques heures plus tôt. Aux policiers, elle explique avoir fêté l’anniversaire d’une amie dans le bar où elle travaille pour «Fabio» et bu de grandes quantités d’alcool sans avoir mangé. Elle se souvient s’être retrouvée chancelante dans la cour derrière l’établissement avec son patron, qu’il l’a conduite dans son bureau, l’a allongée sur un canapé-lit. Selon ses déclarations, elle se réveille alors qu’il est en train de la pénétrer.

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En déposant plainte, elle relate qu’une autre serveuse vient de quitter son emploi après un «incident» ave »Fabio». Entendue à son tour, cette dernière dénonce une agression sexuelle deux mois plus tôt, dans le même bar. Elle affirme que Wilfried Nkongo l’a attirée à l’écart et embrassée de force tout en tentant de glisser une main sous sa jupe, alors qu’elle avait consommé alcool et cocaïne.

Informée de l’enquête, une troisième jeune femme demande à être auditionnée. Elle dénonce une agression plus d’un an plus tôt, en février 2016, toujours dans le même café. Elle raconte qu’après une soirée alcoolisée, Wilfried Nkongo l’a plaquée contre la paroi de l’ascenseur de l’établissement et commencé à la toucher aux seins et aux fesses, avant de l’embrasser de forces ser son pantalon, malgré l’opposition répétée de la jeune femme. Elle était rentrée chez elle la bouche boursouflée, refusant de dire à son petit ami ce qu’il s’était passé. Plusieurs mois plus tard, elle révélera avoir été victime d’une pénétration digitale, précisant ne pas l’avoir mentionné jusque-là par honte. Les faits sont alors requalifiés en viol.

Six plaintes pour des faits de 2016 à 2018

Durant l’enquête des témoins dépeignent le gérant en «predateur sexuel», offrant régulièrement cocaïne et ecstasy à ses jeunes serveuses ou clients dans la cuisine du bar pour qu’elles ne soient plus »en état de lui résister». D’autres employés notent le «support lord» du mis en cause à l’égard des femmes, mais disent n’avoir jamais constaté de baisers forcés ou d’attouchements. Confronté à ses accusatrices, Wilfried Nkongo maintient ses dénégations, arguant d’une possible «entente» entre les plaignantes. Il a été mis en examen en juillet 2017 et a passé environ vingt jours en détention provisoire avant d’être placé sous contrôle judiciaire.

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Auditionnée en tant que témoin en mars 2018, une quatrième jeune femme a dénoncé deux agressions sexuelles à quelques mois d’intervalle, la première datant approximativement de mai 2016. Elle expliquait avoir craint qu’avant «sa parole ne soit pas entendue». Deux autres faits ont été dénoncés au cours de l’information judiciaire.

Wilfried Nkongo est accusé d’avoir violé une autre femme en juillet 2018, dans sa maison du Var, alors qu’il était sous contrôle judiciaire. Cette femme avait immédiatement porté plainte. Elle relatait qu’au cours d’un séjour avec deux amies, il l’avait pénétrée alors qu’elle dormait, avant de cesser quand elle l’a repoussé. Cette plainte en a déclenché une sixième, un an plus tard, alors que Wilfried Nkongo était réincarcéré. Une de ses amies de longue date, égallement présente dans le Var à l’été 2018, signifiait avoir été elle-même victime d’un viol début 2017 à Paris. Elle expliquait avoir été dans un «déni total», éprouvant «honte» et «culpabilite», et avoir eu des difficultés à parler en raison de l’emprise de celui qu’elle considérait comme a confident son.

«Dans ce dossier, on an un effet cumulatif qui peut impressionner, mais dans chacune des versions prises séparément on n’a aucun élément matériel pour la plupart, voire la totalité, des parties civiles. (…) L’accumulation de dires ne vaut pas preuve», estime Me Rouyer.

Cinq des six jeunes femmes s’étant constituées parties civiles étaient présentes lundi à l’ouverture des débats.

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