« En même temps », de Delépine et Kervern, en avant-première à Brest : la politique engluée !  - Brest

« En même temps », de Delépine et Kervern, en avant-première à Brest : la politique engluée ! – Brest



De passage à Brest pour présenter votre film au cinéma Les Studios. C’est devenu une habitude, non ?

Gustave Kervern : « Oui, c’est moi qui imposes Brest dans le calendrier ! C’est le passage obligé. J’ai voulu venir à Brest pour voir d’où était parti mon ancêtre breton, en 1774, vers l’Île Maurice où, de fil en aiguille, je suis né. Ça fait un petit moment maintenant. J’étais content de découvrir la ville, j’avais sympathisé avec Miossec… J’ai toujours gardé contact avec Rémy Bouuguennec et Sébastien Le Goff (du cinéma Les Studios) ; ce sont des copains ! ».

D’où vient l’idée saugrenue de ce film de coller deux personnages politiques diamétralement opposés (incarnés par Vincent Macaigne et Johathan Cohen) ?

« C’est une vieille idée qu’on avait. On s’est dit que vu que la présidetielle arrivait, c’était l’occasion. On a tourné en décembre, c’était un peu compliqué mais c’était primordial de sortir le film pour insister sur l’écologie qui est totalement absente des débats et sur le féministe qui l’est tout autant. Ce sont les deux choses importantes sur lesquelles il faut insister ».

Comment percevez-vous justement cette période électorale ?

« C’est un peu particulier parce que, outre la période électorale, c’est la guerre en Ukraine ! On est en train de promouvoir un film rigolo… Le truc que je peux me dire pour me rassurer, c’est que l’écologie et le féminisme, ce sont deux thèmes dont on ne prend pas assez conscience. Il ya toujours de la violence contre les femmes et l’écologie, c’est un truc qui va nous péter à la gueule bientôt ! Comme on vit dans un monde globalisé, une espèce de château de cartes où quand tu enlèves une carte, il ya tout qui s’effondre, on a l’impression qu’on ne peut pas prendre de décision radicale puisquen les veulent pas ! ».

C’est ce que signifie ce « En même temps », du titre de votre film, l’incapacité du monde politique à agir ?

« Le “en même temps”, c’est pour satisfaire tout le monde mais personne n’est satisfait à la fin. On s’aperçoit que tout le monde râle tout le temps. En plus, avec les réseaux sociaux, le moindre truc, ça prend des proportions masses ! Personne n’est content et on ne prend pas les bonnes décisions. On est inéluctablement condamnés à aller dans le mur».

Cette critique acerbe de la société contrebalance avec vos personnages comiques…

« Ce sont les caricatures d’un homme d’extrême droite et d’un homme de gauche et la gauche n’existant plus, on est passé à l’écologie. Comme dans tous nos films, c’est de l’humour noir ! La caricature, on la revendiquait vraiment comme le sérieux de la fin sur l’écologie et le féminisme. On prend les choses par le côté humoristique, tout en étant sérieux sur le fond ».

C’est le dixième film Delépine-Kervern, est-ce du loisir durable ?

« On voulait arrêter avant ce film-là, on a l’impression de faire toujours le même film… Et puis, on a eu cette idée et on s’est dit que ce serait quand même bien de le faire. Le fait de tourner ce film-là, en très peu de temps (en décembre), le fait que ce soit bien passé avec deux acteurs extraordinaires, ça nous a redonné l’envie de continue ! Mais après, il faut trouver les idées… ».

Le tournage n’a pas dû être simple pour vos personnages collés…

« Il fallait qu’ils se connaissent bien ! Ce n’est vraiment pas évidemment à faire. Faire tout un film comme ça, ils ont été vraiment géniaux tous les deux. On était admiratif de leur talent comique ».

Est-il vrai que vous avez fait le casting à la sortie des César ?

« Oui, on était nommés aux César. Ce qu’on ne sait pas, c’est qu’à la fin de la cérémonie, ceux qui ont reçu des César ont des taxis à disposition et ceux qui n’en ont pas eu doivent rentrer à pied. C’est là qu’on a vu Vincent Macaigne… Tous les loosers des César sont dans le film ! ».

Peut-être que la prochaine fois, vous rentrez en taxi…

« Ça n’arrivera pas, je suis désespéré. Je pense qu’on n’en aura jamais. Mais c’est pas grave ».

Pratique

Avant-première du film « En même temps », de Gustave Kervern et Benoît Delépine, ce lundi 21 mars, à 20 h, au cinéma Les Studios, à Brest, en présence de Gustave Kervern.

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