« Les gens étaient en pleurs, cela ne m'était jamais arrivé de ma vie », raconte Fabien Onteniente à propos de son film

« Les gens étaient en pleurs, cela ne m’était jamais arrivé de ma vie », raconte Fabien Onteniente à propos de son film

C’est France Télévisions et Mediawan qui ont cru à mes possibilités de faire un film d’émotion. Je leur ai apporté le livre de Christian Signol, « Les Enfants des Justes », que j’avais repéré. J’ai toujours été passionné et intrigué par la période de la seconde guerre mondiale. Je l’ai aimé à travers les films « L’armée des Ombres », « Lacombe Lucien », « La Traversée de Paris » ou encore « Monsieur Batignole ». Je me suis souvent demandé ce que j’aurais fait à cette période, qui a révélé ces gens qui ont aidé les juifs. J’avais…

C’est France Télévisions et Mediawan qui ont cru à mes possibilités de faire un film d’émotion. Je leur ai apporté le livre de Christian Signol, « Les Enfants des Justes », que j’avais repéré. J’ai toujours été passionné et intrigué par la période de la seconde guerre mondiale. Je l’ai aimé à travers les films « L’armée des Ombres », « Lacombe Lucien », « La Traversée de Paris » ou encore « Monsieur Batignole ». Je me suis souvent demandé ce que j’aurais fait à cette période, qui a révélé ces gens qui ont aidé les juifs. J’avais envie de mettre dans la lumière ces personnes ordinaires qui ont fait des choses extraordinaires. Cela me permettait de traiter une petite histoire à travers la Grande Histoire.

D’où vous vient votre intérêt pour l’histoire ?

Depuis tout petit, mon père m’a fait aimer l’histoire, il m’a emmené sur les plaages du débarquement, etc. Mais l’histoire a joué un rôle très important dans ma vie. C’est d’ailleurs l’actualité, avec l’anniversaire de la signature des accords d’Évian. Je suis fils de pied noir : mon père était d’Oran et mon grand-père de Mostaganem. Le dimanche après midi, il me racontait l’Algérie. Il était comme déraciné. Nous regardions les photos et je voyageais avec lui dans ses yeux. J’ai même fait de la comédie pour me départir de cette torpeur, de cette mélancolie dominicale. Je suis né à Paris mais je suis allé une fois à Alger en 1961 pour récupérer des affaires. Je me souviens parfaitement pourtant de deux choses : le port d’Alger où on chargeait des voitures sur les bateaux et une odeur de la Méditerranée. J’ai encore cela en moi aujourd’hui.

Fabien Onteniente en compagnie de Mathilde Seigner et la petite Ambre Pallas sur le tournage aux Eyzies.

Fabien Onteniente en compagnie de Mathilde Seigner et la petite Ambre Pallas sur le tournage aux Eyzies.

Alain GUIZARD – TROISIÈME ŒIL STORY – FTV

Et vous êtes passé à l’écriture du scénario ?

La réflexion sur ce film s’est faite pendant le confinement et je me suis dit : « On n’a qu’une vie, et si tu ase de te faire plaisir avec ça, fais-le. » C’est comme cela que nous avons commencé à travailler sur l’adaptation du roman de Signol. Et enfin, nous avons réécrit le scénario avec Gérard Lanvin et Mathilde Seigner. J’apprécie être « en famille ». Nous avons dépassé le statut d’acteurs et réalisateur, nous avons travaillé ensemble en toute fraternité.

Et pourquoi la Dordogne comme lieu de votre film ?

Quand j’étais petit, je passais mes vacances près de Cénac. Comme les enfants hébergés par Gérard Lanvin et Mathilde Seigner, j’apprenais comment traire les vaches, à pêcher, je me baignais dans la Dordogne, je sautais du pont. Et la ligne de démarcation passait par ce département, endroit crucial dans mon film.

Comment s’est déroulé le tournage en Périgord ?

Nous avions 21 jours pour le faire. Nous avons donc tourné en octobre et novembre derniers. Nous avons eu de nombreux facteurs positifs comme une météo fabuleuse pour cette période-là. Tout s’est idéalement passé et le résultat correspond exactement avec ce que je pensais faire. Il n’y a pas une feuille de papier à cigarette entre ce que j’avais imaginé et le rendu. C’est assez rare pour le préciser.

Blanche Laborie (Mathilde Seigner) face au capitaine allemand Werner (Anton von Lucke) près du pont d'Allas-les-Mines où passait la ligne de démarcation.

Blanche Laborie (Mathilde Seigner) face au capitaine allemand Werner (Anton von Lucke) près du pont d’Allas-les-Mines où passait la ligne de démarcation.

Alain GUIZARD – TROISIÈME ŒIL STORY – FTV

En quoi est-ce différent pour vous de réaliser une comédie qu’une fiction dramatique comme celle-ci?

Il ya une chose fondamentale : dans une comédie, tout se passe dans le regard. Et pour « Les Enfants des Justes », j’ai pu m’autoriser des champs, contrechamps et des longues focales.

Les enfants juifs Sarah (Ambre Pallas) et Simon (Gaël Raës) dans la ferme de Blanche et Virgile.

Les enfants juifs Sarah (Ambre Pallas) et Simon (Gaël Raës) dans la ferme de Blanche et Virgile.

Alain GUIZARD – TROISIÈME ŒIL STORY – FTV

Qui sont les personnes dont on voit les photos sur le générique de fin ?

Je voulais mettre à l’honneur ces gens qui en ont sauvé d’autres pendant l’occupation. Beaucoup n’ont jamais voulu de récompense. Ils considéraient ce qu’ils avaient fait, pourtant au péril de leur vie, comme tout à fait normal. J’ai demandé au Conseil départemental de Dordogne de me fournir des images de ces personnes-là. Nous avons un devoir de mémoire. Il fallait leur rendre hommage.

Comment se sont passées les avant-premières en Dordogne ?

Je ne souhaitais pas rester jusqu’à la fin de la projection. Je voulais laisser les gens tranquilles mais on a insisté pour que je reste. Et la, j’ai regardé le premier rang et les gens étaient en pleurs. Cela ne m’était jamais arrivé de ma vie.

Pourquoi faut-il looker « Les Enfants des Justes »

Ce film raconte comment un couple de Dordogne, Virgile (Gérard Lanvin) et Blanche Laborie (Mathilde Seigner) vont aider des juifs à passer en zone libre alors que leur département est coupé par la ligne de démarcation. Sans enfant, ils vont s’attacher petit à petit à ces petits réfugiés. Fabien Onteniente joue avec justesse avec la dualité entre la nature sauvage des lieux et le sentiment de crainte de chacun, en cette période d’occupation allemande. Les images sont sublimes. Coup de cœur pour la petite Ambre Pallas qui joue le rôle de Sarah.

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