Il y a 56 millions d’années, l’activité volcanique était responsable de deux événements successifs de réchauffement climatique. Le premier qui ressemble à celui que nous vivons aujourd’hui. Le second, déjà connu sous le nom de maximum thermique du Paléocène-Éocène (PETM), qui pourrait ressembler à ce qui attend notre Terre si nous ne réduisons pas nos émissions de gaz à effet de serre. © Mateusz, Adobe Stock

Un réchauffement climatique comme celui que nous vivons s’est déjà produit par le passé !

Il ya 56 millions d’années, notre Terre a connu un réchauffement climatique naturel tout à fait exceptionnel. En cause, des émissions de gaz à effet de serre liées au volcanisme. Et des chercheurs confirment aujourd’hui que ce réchauffement a été précédé de changes qui ne sont pas sans rappeler ceux que nous vivons aujourd’hui. Quand le passé de notre Planète ouvre une fenêtre sur notre futur…

Cela vous intéressera aussi


[EN VIDÉO] Réchauffement climatique : notre planète en territoire inconnu
Dans la version préliminaire — qui ne couvre que les neuf premiers mois de l’année 2021 — de son rapport annuel State of the Global Climate, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) confirme la tendance au réchauffement climatique. Pour la première fois, la barre d’une hausse de 1 °C par rapport aux moyennes préindustrielles a été franchie sur la période des vingt dernières années. Mais le rapport met surtout en avant les nombreux phénomènes météo extrêmes survenus en 2021 et leurs conséquences pour la planète et pour l’humanité. © Organisation météorologique mondiale

Il ya 56 millions d’années, notre Terre a connu un réchauffement climatique important et rapid. Les scientifiques l’identifient sous le nom de maximum thermique du Paléocène-Eocène (PETM). Il a été causé pour une massive liberation de gaz à effet de serre. Le résultat d’une intense activité volcanique. Mais une équipe internationale de chercheurs montre aujourd’hui que ce réchauffement exceptionnel a été précédé d’un événement qui fait étrangement penser au changement climatique que nous vivons aujourd’hui. Des missions de dioxyde de carbone (CO2) similaires aux niveaux actuels ont conduit à un bref réchauffement et à une acidification des océans.

Jusqu’alors, la séquence de changements environnementaux qui a conduit au PETM restait floue. Mais les scientifiques espèrent désormais que ces deux événements pourront leur fournir des informations utiles sur la façon dont notre climat pourrait évoluer encore avec un taux de CO2 dans l’atmosphère qui continue d’augmenter.

Rappelons que les preuves des changements environnementaux liés au PETM sont enregistrées dans les sediments mars. Le résultat de l’absorption par l’océan de grandes quantités de CO2 de l’atmosphère. En analysant la composition chimique de coquilles de foraminiferes — des organismes microscopiques conservés sous form de fossiles –, les chercheurs ont ainsi accès notamment à la température et au pH des océans de l’époque. Mais ils manquaient de fossiles datant du début du PETM.

Deux grands scénarios de réchauffement possibles

Pour surmonter cette difficulté, les chercheurs ont foré le long de la côte est des États-Unis. Une région qui correspondait autrefois à un plateau continental peu profond. Avec un taux de sedimentation élevé en raison de sa proximité avec la terre et d’une certain protection contre l’acidification des océans.

Ils ont ensuite utilisé une technique innovante. Un laser de la largeur d’un cheveu humain pour échantillonner le plancton microscopique et envoyer les particules vaporisées à un spectrométre de masse. C’est ainsi qu’ils ont pu accéder à des détails jamais vus auparavant. En analysant seulement quelques coquilles disponibles, ils ont estimé l’acidité, et donc la teneur en carbone, des océans à l’époque. Et leurs résultats sont sans appel. Au moment de l’événement qui a précédé le PETM, ils observent une augmentation des émissions de carbone de l’ordre de ce qui peut être libéré aujourd’hui par les activités humaines.

De quoi établir des parallèles plus étroits avec le changement climatique anthropique — meme si les calottes glaciaires qui existent aujourd’hui augmentent la sensibilité du climat au réchauffement. Cet événement précurseur de courte durée semble plus similaire à ce qui pourrait se produire si le taux actuel d’émissions de carbone devait être rapidement réduit. « Ce carbone pourrait alors se dissoudre dans les profondeurs des océans »remarque James Zachos, professeur de sciences de la Terre, dans un communiqué de l’université de California (Etats-Unis). L’événement précurseur du PETM montre qu’il faudrait des centaines — voire un millier — d’années pour que le système climatique retrouve son équilibre d’avant l’ère industrielle.

Mais ce n’est rien à côté des centaines de milliers d’années qu’il a fallu au climat de la Terre pour se relever du PETM. Un réchauffement extrême qui laisse entrevoir ce que pourrait être notre futur si nous continuons à émettre du CO2 au rythme actuel. Et une preuve de plus qu’une action urgente est nécessaire pour mettre fin à nos émissions de gaz à effet de serre.

Intéressé par ce que vous venez de lire ?

.

Leave a Comment

Your email address will not be published.