Des pionniers du cinéma ukrainien exigent le retrait des films russes des plateformes et des festivals

Des pionniers du cinéma ukrainien exigent le retrait des films russes des plateformes et des festivals

Qu’ils soient réalisateurs, acteurs, critiques ou directeurs de festival, ces vétérans du septième art ukrainien, aujourd’hui réfugiés, alertent sur la menace que représentent les films russes, vecteurs de propagande.

Toutes les générations du cinéma ukrainien condamnent la guerre qui sévit en Ukraine. Après un appel au boycott total de la Russie lancé par sept cinéastes, des vétérans du septième art ukrainien interpellent la communauté internationale sur la menace que représentent les films russes, vecteurs de la propagande.

Le realisateur Roman Balayan est l’un des premiers à avoir ouvertement condamné le cinéma russe. «Il serait pour le moins étrange, après les actions inhumaines et fascistes de la Russie en Ukraine, que les festivals de cinéma internationaux permettent aux films russes de participer à leurs programs cette année» alarme l’octogénaire. Évacué de Kiev, il trouve actuellement refuge à la frontière de la Hongrie avec l’Ukraine.

Critique et historien du cinéma ukrainien, Lubomir Hosejko vit désormais en France. Il témoigne de l’impact que le rejet du cinéma russe a eu sur les festivals français. Bien que le Festival de Cannes se contente de refuser les délégations officielles russes, l’écrivain tient à souligner tous n’acceptent pas de boycotter les projections de films russes. À l’image du festival Les Reflets du cinéma du Mans, qui se déroule actuellement, dont la programmation est consacrée au cinéma de la mer Noire, films ukrainiens et russes inclus. Face à ce maintien, Lubomir Hosejko appelle «au boycott du cinéma russe à tous les événements cinématographiques en France et en Europe».

Actrice et pionnière du théâtre ukrainien, Ada Rogovtseva, 84 ans, considère «que la projection de films russes dans les festivals de cinéma est désormais totalement inacceptable. Ce pays sème la mort, et non le raisonnable, le bon, l’éternel» scande-t-elle. L’artiste participe à l’effort de guerre en faisant du bénévolat à domicile. Elle nourrit et blanchit les volontaires partis au front. Un jeune acteur y est décédé, avec qui elle devait remonter sur les planches ce 18 mars. «C’est comme enterrer un fils».

Russe de naissance, ukrainien de nationalité, Serhiy Boukovsky, realisateur de documentaires dont Spell Your Name, produit by Steven Spielberg, fut aux premières logs lorsque l’offensive russe a débuté le 24 février. Avec sa famille, il a fui son village pour rejoindre la capitale roumaine. «Tous les disques durs avec des films sont à la maison. Dieu merci, notre producteur a téléchargé tout le matériel pour le nouveau travail que je viens de commencer à monter. Maintenant, nous réfléchissons à la manière de poursuivre ce travail qui est extrêmement important pour l’époque actuelle».

Dans sa déclaration, le réalisateur accusing les autorités russes d’avoir effectué un «lavage de cerveau» a population. La sphère culturelle aurait été «engagee dans ce travail, y compris le cinéma». Serhiy Boukovsky certifie qu’à partir de 2014, la Russie a produit des films centrés sur les troupes russes, glorifiés comme «les héros venant libérer les peuples de Crimée et du Donbass des nationalistes ukrainiens».

Volodymyr Voitenko, président du conseil d’administration de l’Union des critiques de cinéma d’Ukraine est bien décidé à rester dans le pays quoi qu’il advienne, partage le même avis que le réalisateur Serhiy Boukovsky. Les films russes, qu’ils qualifient comme «une arme impériale du monde russe»doivent être retirés des cinémas, des plateformes et des festivals, «malgré toutes leurs vertus artistiques». Ce retrait conduira selon lui au « véritable désarmement de l’empire russe sanglant et agonisant ».

«La seule façon de changer le régime fasciste de la Russie de Poutine est l’isolement complet de la société russe, de la culture et des sports russes» avance Andriy Khalpakhchi, directeur du Festival international du film Molodist de Kiev, plus the grand festival de cinéma du pays. Le septuagenaire soutient à son tour «pleinment le boycott complet du cinéma russe, quelle que soit la position civique de certains réalisateurs» et regrette que le festival Molodist n’ait retiré aucun film russe de son program ces dernières années.

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