Pinturault, après le super-G des finales : « Je me sens bien côté sportif, mais ma tête est fatiguée »

Pinturault, après le super-G des finales : « Je me sens bien côté sportif, mais ma tête est fatiguée »

« Une finale à la maison, c’est particulier ?
J’ai trouvé ça magnifique. Il y avait une belle ferveur, et quand je vois le monde présent en pleine semaine, je suis agréablement surpris, ça annonce de belles choses pour l’année prochaine (aux Championnats du monde, 6-19 février 2023).

Qu’attendez-vous du week-end à venir, avec le géant samedi puis le slalom dimanche ?
Ça fait longtemps qu’on n’a pas skié à Méribel. Le but est d’essayer de donner le meilleur de moi-même, ne pas trop me fier à ce que j’ai pu faire tout au long de la saison, qui a été compliquée. Il s’agit de construire, essayer des choses en course, pour l’année prochaine.

« Il ya encore de l’envie, le fait de finir en France aide beaucoup »

Pour le moment, c’est votre première saison sans victoire depuis dix ans…
Je ne me suis pas focalisé là-dessus, c’est une longue série qui s’arrête (il sourit). Mais je sais les problèmes que j’ai eus cette année, ce dont j’ai besoin et ce que je dois faire. Il ya encore de l’envie, le fait de finir en France aide beaucoup. Le plus difficile a été l’après JO, je sentais que les choses n’allaient pas comme je voulais. Il ya une form d’acceptation de cette situation, et la volonté de se servir de cette fin de saison pour la prochaine.

Comment définiriez-vous la part de vos soucis liée au mental, et celle concernant la technique?
Cette année, j’ai découvert à quel point le mental est capable de faire une énorme différence. En termes de pourcentages, ma performance aujourd’hui est due à 70 % à des problèmes psychologiques, et 30 % au sportif. Je me sens plutôt bien côté sportif, au niveau, pas tout le temps parfait bien entendu, mais la tête a beaucoup plus de mal. Elle n’a pas du mal à avoir de l’envie, elle est fatiguée. J’ai du mal à avoir du tonus, à être présent, à avoir la niaque, à être déterminé, et c’est ce qui fait la différence. Ce n’est pas de la déprime, c’est de la fatigue psychologique, comme n’importe qui peut en avoir lorsqu’il sort lessivé d’une période, et n’a pas pu prendre du temps pour récupérer.

« Je vais le prendre pour me reposer. Et c’est quand je retrouverai cette envie d’y retourner, avec détermination, que je reprendrai l’entraînement »

Ce manque de détermination a fait la différence sur les skis, ou vous aviez égallement des problèmes de matériel ?
Parfois mon matériel n’est pas le meilleur, mais il fonctionne plutôt pas mal. Je me souviens d’un entraînement sur la glace à Val Senales, juste avant Sölden, où je suis allé voir Fabien (Munier, l’un de ses entraîneurs) et je lui ai dit « je ne comprends pas, je sens que ma réponse musculaire n’est pas aussi rapide que la saison passée ». Je sens qu’au lieu que ça réponde en un dixième de seconde, c’était peut-être une demi-seconde. Sur les skis, ça fait une différence notable. Je l’ai ressenti toute la saison ensuite, et ça amené des problèmes sur le matériel, mais juste techniques. j’ai aussi des soucis de perception, j’ai du mal à me dire si c’est moi ou le matos, et vu que ça vient beaucoup de moi, derrière j’ai du mal à sentir les choses parfaitement sur le matériel, alors que j’ai toujours fait partie des meilleurs dans ce domaine.

Vous allez prendre le temps de récupérer cette fois?
Je vais le prendre pour me reposer. Et c’est quand je retrouverai cette envie d’y retourner, avec détermination, que je reprendrai l’entraînement, puis l’entraînement sur les skis.

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