Rocky IV : Rocky Vs.  Drago

Rocky IV : Rocky Vs. Drago

Sylvester Stallone a terminé son director’s cut de Rocky IVqu’il a très subtilement baptisé Rocky IV : Rocky Vs. Dragoet sans surprise, c’était dispensable.

S’il a décidé (ou s’est résolu) à lâcher le personnage de Rocky Balboa, qui sera donc absent de Creed III, Sylvester Stallone ne pouvait pas s’éloigner du ring sans disputer un dernier round. April Rocky Balboaqui a offert à la saga une digne conclusion et lavé l’affront de Rocky VSly est repassé pendant plusieurs mois en salle de montage pour réhabiliter un des volets les plus clivants de la saga : l’excessif et kitschissime Rocky IV (de l’aveu même du réalisateur). L’histoire du film de 1985 étant paradoxalement la plus tragique de la saga, Stallone a donc voulu renouer avec le ton plus dramatique du premier volet dans son director’s cut baptisé tout en sobriété Rocky IV: Rocky Vs. Drago.

WHY SO SERIOUS ?

Qu’on l’aime ou le conspue pour ces raisons, Rocky IV – qui a suivi la sortie de route de Rocky III – est un divertissement neoneu, dans lequel tout est excessif et caricatural, et qui exsude toute la mégalomanie de Stallone. Tenter de faire un film serieux et premier degré à partir d’un bon gros plaisir coupable était donc un match perdu d’avance.

Pourtant, en ajoutant plusieurs plans et répliques, en utilisant des angles de caméra différents et en coupant par-ci par-là, le film gagne effectivement en nuance et mesure, notamment dans son traitement moins niais et dichotomique de la Guerre froide. En dépit de cette note d’intention, l’histoire, elle, n’a pas changé et son propos sur les saintes valeurs américaines non plus. Le film, comme son protagoniste patriotique et musculeux, reste un pur produit reaganien, impossible à réorienter ou dépolitiser.

Rocky IV : photo apollo creedLiving in America, comme le résume James Brown

Pour crédibiliser son film, Stallone a égallement renié l’existence de Sico, le robot controversé de Paulie. Comme si toute l’exubérance et le kitsch du film tenaient à ce seul robot, qui en est plutôt une parfaite synthèse. Les morceaux de la bande-son (qu’on adore, pas de malentendu), les montages des entraînements, Rocky qui grimpe une montagne parce que c’est le plus fort, la virée nostalgique en Lamborghini ou encore « cette imagerie à la Flashdance » comme Stallone l’a lui-même décrite… Tous ces autres éléments symptomatiques des années 80 sont toujours présents dans Rocky vs Dragoqui conserve donc sa patine surannée, mais ne l’assume plus de façon aussi drôle et décomplexée.

Pire, les changes plus subtils sont contrebalancés par des effets de style plus grossiers et clichés, comme l’ajout d’un monologue en voix off lors du combat final ou le passage en noir et blanc des flashbacks sur No Easy Way Out. À moitié délesté de sa surenchère jouissive, le director’s cut se prendre donc trop au sérieux, sans pouvoir être le drame qu’il prêtant être, ni le divertissement régressif qu’il était de base.

Rocky IV : Photo Rocky IV2 Fast 2 Serious

CREED IV

On peut concéder que les retouches ont permis à Drago (Dolph Lundgren) d’être moins robotique et de se rapprocher un peu plus d’un être humain, même si le nouveau montage souligne davantage la puissance et la brutalité hors-normes de ses coups en évitant de couper juste avant l’impact. Ses motivations personnelles sont plus explicites, tandis qu’Adrian (Talia Shire) retrouve une place plus affirmée auprès de Rocky.

Des changes qui seraient d’autant plus bienvenus si le film n’invisibilisait pas en même temps d’autres personnages. À commencer par Paulie, un des visages emblématiques de la saga, dont le temps d’écran a été drastiquement réduit à cause des scènes coupées du robot. En tout, le film propose près d’une quarantaine de minutes plus ou moins inedites, mais une durée quasi identique à la version originale.

De la même manière, Rocky Jr., qui n’avait déjà pas beaucoup de scènes, n’en partage plus qu’une seule avec son père, qui ne lui souhaite même pas un joyeux Noël dans son discoursplete de lais to è com côté ses obligations parentales. Ce qui est assez dommageable pour une version qui se veut plus émotive et intimiste. Ayons égallement un mot pour Ludmilla, la femme de Drago campée par Brigitte Nielsen (accessoirement l’ex-femme de Stallone), que le réalisateur a presque entièrement gommée de sa copie, même si pour le coup, ce rain’est pas v gross perte.

Dolph Lundgren : Photo Sylvester Stallone, Rocky IVDernière manche

La nouvelle version a égallement recentré le récit sur l’amitié d’Apollo et Rocky, en donnant plus de place à leur relation et en l’approfondissant, mais aussi en versant dans un sentimentalisme mielleux et forcé avec son introduction corrigée qui se repasse les scènes qu’ils partagent dans Rocky III. Même le discours de fin, qui ciblait d’abord la foule soviétique avant d’entrer dans un message universel en guimauve, revient ici à la mort d’Apollo.

Tout est fait pour exacerber l’image du guerrier en mal de guerre, le combat contre drago étant plus une obligations morale et existentielle qu’une vengeance et réaction épidermique après la mort de son ami, ce qui était finalement un sentimental plus vrai et humin. Si Rocky IV n’en faisait peut-être pas assez la-dessus, Rocky vs Drago en fait assurément trop.

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