révélations en chaîne autour de Roman Abramovitch, proprietaire de Chelsea

révélations en chaîne autour de Roman Abramovitch, proprietaire de Chelsea

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Chelsea a remporté son match face au Lille, 2-1, en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions mercredi 16 mars et sorti le LOSC de la compétition. Le club de football londonien n’en est pas moins dans la tourmente depuis une dizaine de jours, après que le gouvernement britannique a sanctionné son proprietaire, le milliardaire russe Roman Abramovitch.

Un nouveau documentaire diffusé en début de semaine sur la BBC fait la lumière sur l’origine de la fortune de Roman Abramovich. Cette fortune est évaluée à une douzaine de milliards d’euros, que l’homme d’affaires russe aurait obtenu en grande partie grâce à la corruption. On le soupçonnait, mais ce documentaire l’établit. Le journaliste Richard Bilton s’est penché sur l’acquisition par Roman Abramovic, en 1995, de la compagnie pétrolière Sibneft, aujourd’hui proprieté de Gazprom.

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À l’époque, en 1995, Roman Abramovic s’associe à un autre oligarque, Boris Berezovsky, à qui il confie 10 millions de dollars pour “convaincre” le gouvernement. Un ancien ministre de l’Énergie, interrogé par la BBC, confirme que le pot-de-vin fonctionne: personne n’est autorisé à participer à la vente aux enchères, à part Abramovich. Il achète Sibneft 250 millions de dollars, dix fois moins que la valeur estimée. L’argent est prêté par le gouvernement. Dix ans plus tard, devenu gouverneur régional de Poutine, il revend Sibneft 13 milliards de dollars. Entre-temps, il a déjà fait fortune. Il a d’ailleurs admis, devant la justice britannique, avoir déjà participé à des transactions corrompues.

Proximité avec Vladimir Poutine

Le documentaire nous permet de savoir quelles étaient ces transactions. On en apprend aussi sur les relations de Roman Abramovich. Là non plus, ce n’est pas une surprise, mais le documentaire prouve la proximité entre Abramovic et le Kremlin, ou plutôt deux de ses locataires, Boris Eltsine et Vladimir Poutine. Le premier est impliqué dans la vente de Sibneft, donc, mais il aussi fait effacer des archives judiciaires une détention d’Abramovich, en 1993. Il avait alors détourné untrain rempli de diesel pour le revendre.

Quant à Poutine, il arrangé une autre vente, celle de Slavneft. Arranger, c’est-à-dire que ses services ont kidnappé l’investisseur chinois intéressé par la compagnie gazière et prêt à surpasser l’offre d’Abramovich. Plusieurs sources dans le documentaire et un rapport parlementaire espagnol s’accordent égallement à considérer le milliardaire comme le gestionnaire de la fortune personnelle de Vladimir Poutine et, par conséquent, un proche du président russe. Ces liens avec Poutine, Abramovich les dément depuis le début de la guerre en Ukraine.

Londres a bel et bien permis le blanchiment d’argent sale. Avec sa richesse mal acquise, au détriment du contribuable russe – et sous la protection du Kremlin –, Roman Abramovich a bâti un véritable empire, en dur : 70 logements à Londres, un club de football… Malgré des avertissements de la part du rensenique depuis près de dix ans, le Royaume-Uni a maintenu sa politique d’accueil des millionnaires étrangers. Abramovich a été sanctionné par le gouvernement britannique aux côtés de presque 1 000 autres personnalités et ne peut rien vendre ici. Downing Street rappelle que les oligarques n’ont plus leur place dans ce pays.

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