La révolution selon Darwin / C1 / 8es / Ajax-Benfica (0-1) / SOFOOT.com

La révolution selon Darwin / C1 / 8es / Ajax-Benfica (0-1) / SOFOOT.com

Dominé par l’Ajax durant la majeure partie de ce huitième de finale retour (2-2 à l’aller), Benfica a accédé aux quarts de finale grâce à un but de son goleader Darwin Núñez. À croire que rien ne peut résister au « nouveau Cavani » , actuel meilleur buteur du championnat portugais.

On a beau dire, on a beau faire, les statistiques sont une chose très fragile. L’Ajax a beau avoir frappé 16 fois au but ce mardi soir (contre 4 pour Benfica) et monopolisé le ballon 66% du temps, l’équipe d’Erik ten Hag n’a pas su quoi faire de ces chiffres au moment de passer à la caisse après son elimination face au club lisboète. Il était ainsi l’heure de constater que le football est parfois aussi simple qu’un grand coup de tête de Darwin Núñez. Dominés de la tête et des épaules, les Benfiquistes, qui avaient déjà souffert à l’aller, peuvent remercier celui que les médias sud-américains s’amusent à surnommer le « » nouveau Cavani Une mise à jour s’impose : quand la version originale d’Edinson Cavani a quitté la Ligue des champions ce mardi avec Manchester United, celle qui n’a encore que 22 ans disputera les quarts de finale.

Haaland et Lukaku dans le rétroviseur


Nul doute que ce pion salvateur va permettre à Darwin Núñez de voir sa cote grimper encore un peu plus. Le solide avant-centre (1,87m, 81 kilos) n’a toutefois pas attendu de faire de la Johan Cruyff Arena sa chose pour se distinguer en Ligue des champions. Le goleader benfiquiste, accessoirement déjà leader du classement des buteurs de Liga Nos (22 matchs, 20 buts), en est ainsi désormais à quatre pions dans cette Ligue des champions 2021-2022, ce qui lui permet par exemple d’apercevoir dans son rétroviseur des bolides comme Erling Haaland (3) ou Romelu Lukaku (2). Poussés par un public néerlandais des grands soirs, les Ajacides sont restés muets à chaque prise de balle de l’attaquant du SLB, qui avait marqué plus tôt dans la saison face au Barça (doublé) et au Bayern. Núñez n’a perdu aucun ballon durant la rencontre. Bien seul en pointe dès le coup d’envoi, le buteur savait qu’un rôle ingrat l’attendait: il avait pour consigne de garder le cuir dans les pieds pour faire monter un bloc portugais positionné bien trop bas. Jamais Daley Blind et ses coéquipiers n’ont réussi à empêcher Núñez d’aller au bout de sa mission. Seul face à deux adversaires dans le coin de corner, dos au but dans l’axe du terrain, ou encore dans les trente derniers mètres benfiquistes pour aider ses partenaires à monter d’un cran, Núñez a toujours réussi à jouer de son corps et de sa finesse pour parvenir à ses fins. « On a beaucoup souffert durant toute la partie. Notre entraîneur nous a demandé de bien défendre » , expliquait l’homme du match à la fin de la rencontre au micro de beIN SPORTS. Décidés à bien respecter les consignes, les Benfiquistes ont donc attendu les quelques coups de pied arrêtés obtenus pour apporter le danger. Sur l’un d’eux, frappé magnifiquement par Álex Grimaldo, Darwin Núñez a sauté plus haut que tout le monde, dont le pauvre gardien André Onana, et envoyé son coup de tête au fond des filets néerlandais. Le genre de pion que son idole Edinson Cavani an inscrit des centaines de fois. Le jeu aérien de Núñez rappelle en effet celui de son modèle, au même titre que sa combativité ou sa manière d’enfiler le bandeau autour de la tête avant chaque début de match. Pour tout dire, Núñez est surtout la copie conforme d’El Matador au regard de son parcours. Avant d’exploser en Europe – en témoignent les 40 buts et 14 passes décisives du jeune attaquant sous la tunique de Benfica depuis son arrivée -, Núñez a d’abord évolué deux ans dans lenat, comme salut pour uruguayen champion n’a pas toujours été facile.

Plus grosse vente de l’histoire du Peñarol

« Quand il n’y avait pas assez de nourriture, ma mère me donnait la sienne » confiait Darwin Núñez le mois dernier dans les colonnes du quotidien portugais Record. Issu d’une famille modeste de la petite commune d’Artigas, au nord de l’Uruguay, le joueur se jure de tout rafler sur le terrain de football pour remercier sa mère. En voyant Darwin intégrer le center de formation du célèbre Club Atlético Peñarol à 16 piges, ses parents et son grand frère prennent la pleine mesure du talent du petit dernier. Motivée, la pépite gravit les échelons sans difficulté avant de rejoindre le groupe pro. En seullement 22 matchs sous la tunique jaune et noir des Manyas, Darwin Núñez met rapidement tout le monde d’accord et s’attire les regards de nombreux clubs européens. Ni une ni deux, l’Uruguayen prend la route de l’Unión Deportiva Almería, en deuxième division espagnole, à l’été 2019, contre la modique somme de treize millions d’euros, devenant alors la vente la plus chère de l’ histoire du Peñarol, devant un certain Federico Valverde. « Dès que j’ai été transféré en Espagne, j’ai offered à mes parents six hectares de terrain à Montevideo » , indiquait fièrement Núñez. Et même sur un terrain de six hectares, rien ne dit que les mecs de l’Ajax auraient raison de Darwin Núñez et ses potes.

Benfica crucifie l’Ajax

Par Matthieu Darbas

.

Leave a Comment

Your email address will not be published.