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Pourquoi l’épidémie de grippe repart en France

Après une première hausse du nombre de cas à la fin de l’année 2021, les infections de grippe augmentent de nouveau depuis plusieurs jours en France.

Santé Publique France note dans son dernier bulletin hebdomadaire une “forte augmentation de l’ensemble des indicateurs grippe” en France. Après une première hausse du nombre de cas à la fin de l’année 2021, une deuxième vague de grippe est donc en cours, qui peut s’expliquer par de multiples facteurs.

“Après une première vague épidémique survenue à partir de la S51-2021″ [du 20 au 26 décembre 2021]l’Île-de-France était passée à un niveau post-épidémique en S03-2022 [du 17 janvier au 23 janvier] et repasse en S10 [du 7 mars au 13 mars] en épidémie”, explique ainsi Santé Publique France.

Il n’y a quasiment pas eu d’épidémie de grippe lors de la saison hivernale 2020-2021, et la courbe de cette saison reste pour l’instant encore basse, et ne ressemble pas aux pics abrupts habituels, qui on obt pu être serv sur la saison 2018-2019, ou 2017-2018.

Évolution hebdomadaire des hospitalisations pour grippe en France métropolitaine sur différentes années
Évolution hebdomadaire des hospitalisations pour grippe en France métropolitaine sur différentes années © Santé Publique France

Le relâchement des gestes barrières pointé du doigt

Pour Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l’Union Française pour une Médecine Libre, cette augmentation du nombre de cas est clairement due au relâchement des gestes barrières, à la suite de la levée des restrictions sanitaries.

“Si nous n’avons pas eu, ou quasiment pas, d’épidémie de grippe en presque deux ans, c’est grâce aux masques et au lavage des mains”, rappelle-t-il à BFMTV.com. Mais avec la levée de beaucoup de restrictions, “évidemment les gens se relâchent, et cela an entrainé la ré-accélération de l’épidémie de grippe”, pour lui.

Pour Santé Publique France, l’intensification de la grippe vient en effet en partie de “l’allègement actuel des mesures de contrôle de la pandémie de Covid-19”.

Un effet néfaste de la rentrée scolaire

Cette hausse a aussi été “favorisée par la fin des congés scolaires d’hiver dans l’ensemble des régions”, écrit SPF, car le brassage des écoliers à l’école est connu pour être un vecteur de propagation des mala. L’augmentation du nombre de cas de grippe suit en effet les différentes rentrées scolaires de février selon les zones de vacances.

“J’avais déjà dit que l’on risquait une reprise du Covid-19 avec les rentrées scolaires, on observe la même chose avec la grippe”, abonde auprès de BFMTV.com l’infectiologue Benjamin Davido.

Une mauvaise immunité?

Face à la grippe, comme pour le Covid-19, ce sont les personnes âgées qui sont les plus à risque car elles ont un système immunitaire plus fragile. Et leur organisme n’a pas, ou quasiment pas, été confronté au virus l’année dernière, il n’a donc pas pu s’entraîner à lutter contre l’infection.

De plus, meme si un appel à la vaccination Parisien Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique. Et plus on s’éloigne de la vaccination, plus “on perd de l’efficacité vaccinale”, explique-t-il.

L’efficience du vaccin grippal de cette année est de toute façon encore inconnue, “Les premières estimations de l’efficacité en vie réelle du vaccin antigrippal seront communiquées dès qu’elles seront disponibles”, écrit SPF.

La concurrence des virus pourrait jouer contre la grippe

D’autre part, cette augmentation des cas de grippe intervient alors que les cas de Covid-19 ont égallement recommencé à augmenter ces derniers jours, et la cohabitation des deux virus pourrait jouer en défaveur du SARS-CoV-2, déclare Benjamin Davido. “Les virus ont du mal à coexister en même temps, il est possible que cela fasse concurrence au Covid-19”, explique-t-il.

“Le virus étant moins prégnant, il laisse à l’influenza [autre appellation de la grippe] la possibilité de recirculer et on assiste là à un vrai début d’épidémie de grippe”, déclare Bruno Lina.

Une hausse des cas qui pourrait s’arrêter

Ce début de reprise de l’épidémie est tardif par rapport aux années précédentes, lors desquelles elles terminaient, plutôt que commençaient, à cette période de l’année. Benjamin Davido note ainsi que “les pics les plus tardifs qu’on ait pu avoir c’est en semaine 9”, soit la première semaine de mars. En ce sens, pour lui, avec l’arrivée du printemps et de conditions atmosphériques plus favorables, “la grippe pourrait redescendre en avril”, comme les autres infections respiratoires.

Ainsi, le ministre de la Santé Olivier Véran assurait mercredi sur France Info que l’épidémie de Covid-19 allait “monter pendant 10 à 15 jours probablement, jusqu’à la fin mars (…) et ensuite on s’attend à une décroissance”.

Santé Publique France rappelle que pour se protéger de la grippe et de ses complications il “convient de rappeler que l’adoption systématique des gestes barrières et la vaccination antigrippale sont des moyens efficaces”.

Salome Vincendon

Salome Vincendon Journaliste BFMTV

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