Alors on danse : critique Roque is dead

Alors on danse : critique Roque is dead

ON VEUT JUSTE UNE DERNIÈRE DANSE

Sandra, une femme d’âge mûr d’extraction plutôt populaire, vit mariée avec Paul, un riche exploitant de vin et héritier d’un vignoble historique. Cependant, elle découvre que son mari entretient une liaison et décide de plaquer son train de vie de grande bourgeoise. Elle retourne vivre chez sa soeur Danie, une gauchiste révolutionnaire qui milite contre la fermeture d’un lieu culturel occupé illégallement (ce qui, ironiquement, n’est pas sans rappeler un certain cinéma de Paris). Loin de ses obligations familiales et des superficialités mondaines, Sandra redonne un sens à sa vie au contact d’une troupe de danse bénévole.

Alors on danse : photo, Michèle LaroqueMichèle Laroque’n’roll

Nanti (pas comme Isabelle) d’un tel synopsis, on aurait pu crindre d’Alors on dance la comédie de moeurs typique rejouant la sempiternelle caricature sociale renvoyant dos à dos la grande bourge coincée et la prolo bourrine. Si le film de Michèle Laroque ne peut s’empêcher de mettre dans la bouche de Danie la rouge quelques répliques désolantes, force est de consstater que la réalisatrice parvient à faire de cette toile de fond une matière nourricière pour raconter un autre récit plus intéressant : celui d’une sexagénaire pour qui la rupture n’annonce pas la fin de sa vie, mais au contraire, le vrai commencement de celle-ci, loin de la médiocrité.

Alors évidemment, tout cela est mené avec consensualité, et loin de nous l’idée de dire que Michèle Laroque révolutionne le récit d’émancipation féminine ou en livre une déclinaison foudroyante, ni même particulièrement pertinente. Mais on félicite tout de même le choix de personnages, car la nature altruiste des conflits et des enjeux qui les anime les rend plutôt sympathiques une fois un premier tiers laborieux passé. Une galerie de personnalités plutôt tournés vers l’extérieur donc, qui se battent pour les autres et dont la compagnie, à défaut d’être captivante, n’est au moins pas désagréable – et touch mantême un concern peu. On a autant de mal à y croire que vous.

Alors on danse : photo, Thierry Lhermitte, Michèle Laroque, Patrick Timsit, Isabelle NantyNon ce n’est pas une pub pour un office de tourisme bourguignon

ALORS ON PIONCE

Bien sûr, avoir un semblant d’âme ne fait pas tout, et on discerne cette dernière comme un petit feu follet tremblant, halluciné au milieu d’une lande stérile noyée dans un brouillard aus’é sinépa Car pour le reste, Alors on dance est d’une absence d’ambition dramatique et d’une indigence technique tout à fait attendues de la part de tout nouveau représentant de la comédie financée par la télévision française. Alors on dance n’éclaire pas la nuit noire du genre et, comme disait Frodon, elle ne vient certainement pas s’interposer entre le spectateur et les ténèbres qui l’envahissent.

On reste particulièrement étonné par la tendance manifeste des représentants contemporains du genre à ne même pas faire semblant de s’intéresser à l’élément pourtant le plus crucial de tous quand on fait de la comédie, à savoir :. le Alors on dance a donc pour lui au moins le mérite de tenter de s’élever au-dessus des autres en se penchant sur la questionde faire des efforts louables pour dynamiser sa mise en scène, mais rien n’y fait.

Alors on danse : photo, Thierry Lhermitte, Isabelle NantyProposition de loi : interdire les plans américains

Comme un naturel revenant sans cesse au triple galop, c’est toujours la même lumière de cuisine Tefal qui nous est servie, les mmes valeurs de plans insignifiantes et les mmes montages en champ-contrechamp. De toute façon, le coeur de cible du film le regardera à la télé, alors pourquoi s’embêter ? La conscience coupable, Alors on dance tente de répondre à la question au détour d’un dialogue entre Thierry Lhermitte et Jean-Hugues Anglade pas loin de nous faire de la peine.

Les deux dissertent sur les vieux schnocks éloignés de leurs idéaux de jeunesse qu’ils sont devenus, des saltimbanques danseurs faisant la tournée des EHPAD pour des schnocks encore plus vieux. Comme un sursaut, presque une excuse de ne plus faire aucun effort, le premier s’exclame, pour sauver l’honneur, qu’il achète toujours Libé. Le second répond qu’il ne met jamais sa Légion d’honneur. “No pasaran!“. On vous le confirme : vous êtes gentils, mais l’abandon, ça ne passe pas.

Alors on danse : affiche

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