Le réalisateur des images virales de Paris sous les bombes revendique « un film d'anticipation, pas de propagande »

Le réalisateur des images virales de Paris sous les bombes revendique « un film d’anticipation, pas de propagande »

Une jeune fille se tient devant la tour Eiffel. Elle a levé les bras comme le font parfois les touristes, et sur les images filmées avec un smartphone, on dirait qu’elle tient la tour Eiffel entre ses deux mains. Soudain, une explosion, des cris et des panaches de fumée noire s’élèvent derrière elle. Un autre plan au smartphone, dans une rue typiquement parisienne : un avion de chasse largue une bombe sur un immeuble. La vidéo se poursuit sur d’autres images de Paris en flammes, sur fond de sirènes, de pleurs d’enfants et d’adultes qui paniquent. Elle se termine sur un message, en anglais – « Imaginez si cela devait arriver dans une autre capitale européenne » –, et une supplique du président ukrainien, Volodymyr Zelensky :

« Fermez le ciel au-dessus de l’Ukraine ou donnez-nous plus de pilotes. Si nous tombons, vous tombez. »

La vidéo est apparue vendredi soir et a fleuri à grande vitesse sur les réseaux sociaux, particulièrement sur les comptes du gouvernement ukrainien. Rien que sur celui du Parlement du pays, la vidéo a été vue plus de deux millions de fois.

Le Monde a pu s’entretenir avec le réalisateur de cette vidéo. Français, scénariste, réalisateur et producteur de cinéma habitant in Kiev, Olias Barco s’est réveillé dimanche matin au son des missiles russes qui se sont abattus sur la base militaire ukrainienne de Yavoriv. Cela fait déjà plusieurs jours qu’il a fait sortir du pays femme et enfants et qu’il a rejoint l’ouest de l’Ukraine. S’il explique n’avoir pas voulu apparaître, dans un premier temps, pour mieux laisser la vidéo parler d’elle-même, il a accepté, à partir du moment où son nom a commencé à circuler, de répondre à quelques.

« Donner un electrochoc à l’Occident »

« Ce n’est pas une commande du gouvernement ukrainien », tient-il d’emblée à préciser, expliquant, avec de la colère dans la voix :

« C’est quelque chose que j’ai voulu faire moi-même, avec le producteur Jean-Charles Lévy, pour donner un électrochoc à l’Occident. Pour moi, nous sommes dans une troisième guerre mondiale et ce conflit va se généraliser. C’est un film d’anticipation, pas un film de propagande. »

La vidéo a été filmée à Paris et réalisée la semaine dernière depuis l’Ukraine. Olias Barco a pu compter sur l’aide d’une grosse société française spécialisée dans les effets spéciaux, qu’il ne veut pas nommer, pas plus que les personnes avec qui il a travaillé. Il veut leur épargner les menaces qu’il a commencé à recevoir sur les réseaux sociaux. « On n’a pas été rémunérés, pas financés »precise-t-il encore.

La vidéo saisit aux tripes par son réalisme froid. Bien sûr, il ya ces paysages families et ces effets spéciaux professionnels. Mais si ces images sont réalistes, c’est qu’elles ressemblent terriblement à cells qui nous arrivent tous les jours d’Ukraine, postées sur les réseaux sociaux par de simples citoyens vivant désormais sous les bombes russes. Le cadrage est aléatoire, les images tremblent un peu, on entend la peur de celui ou celle qui tient le téléphone lorsque la guerre surgit soudainement sur l’écran.

« J’ai voulu cette vidéo réaliste, car j’ai voulu que ça touche le monde. Je l’ai faite à Paris car je suis français, c’est ma ville »precise encore Olias Barco :

« J’ai voulu mettre en avant les monuments parisiens en gardant la manière de filmer propre aux réseaux sociaux, pour montrer que ça pouvait et que ça allait arriver à Paris. Des gens avec qui je travaille et avec qui je vis tombent les uns après les autres car le ciel est rempli de missiles et personne ne fait rien. Ce film, je l’ai fait dans la rage. Il faut qu’on intervienne, il faut qu’on ferme ce putain de ciel. »

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