«j'ai pris conscience que l'incendie de Notre-Dame était bien plus inimaginable»

«j’ai pris conscience que l’incendie de Notre-Dame était bien plus inimaginable»

Epique et captivant, le film événement “Notre-Dame brûle”, de Jean-Jacques Annaud, sortira au cinéma le 16 mars prochain, près de trois ans après le terrible incendie de la cathédrale. A cette occasion, CNEWS a pu s’entretenir avec le réalisateur oscarisé.

Unjour, Jérôme Seydoux, president of Pathé, vous appelle et vous propose de réaliser ce film. Pourquoi avez-vous accepté ?

Au départ, je n’étais pas certain d’être intéressé. Puis un soir, j’ai avalé des pages et des pages de documents et d’articles que l’on m’avait remis, j’ai regardé quelques documentaires, et je n’en croyais pas mes yeux. Tout cela est invraisemblable. Je me suis dit que cette histoire a été écrite par des journalistes talentueux qui ont pris des cours de scénario.

C’est trop inouï, mais pourtant vrai. Après quoi j’ai pris mon téléphone, j’ai appelé Jérôme Seydoux, et je lui ai dit : «C’est d’accord!». Je me suis aperçu que les médias avaient fait du très bon travail, mais qu’ils ne savaient pas tout, et j’ai pris conscience que c’était bien plus inimaginable.

Notre-Dame est toujours debout grâce au combat héroïque de tous les pompiers dépêchés sur place. Mais allors que le pire est sur le point d’arriver, un homme propose un plan de sauvetage très risqué et qui a payé…

Vous ne pouvez pas éteindre un feu si l’eau n’attaque pas directement le noyau de l’incendie, or celui-là se trouvait dans le beffroi. Si ce beffroi brûlait complètement, toutes les poutres qui tenaient des cloches énormes auraient fait l’effet du 11 septembre, et la cathédrale se serait effondrée.

L’esprit français, c’est la débrouille. Chacun a fait de son mieux et cela a marché.

Puis le risque c’était que toute l’Ile de la Cité prenne feu. Mais un sergent-chef a osé entrer dans le carré des officiers pour exposer son idée et a permis de sauver Notre-Dame de Paris. Il a d’ailleurs été récompensé.

Dans un premier temps, on n’arrive pas à croire que la cathédrale brûle, c’est pour cela que pendant plus de vingt minutes personne n’a alerté les pompiers. On pense que c’est improbable, et on n’était pas préparés. Mais l’esprit français, c’est la débrouille. Chacun a fait de son mieux et cela a marché.

Qu’avez-vous appris de surprenant durant la préparation du film et le tournage ?

J’ai été très étonné d’apprendre que la première Couronne d’épines sauvée des flammes n’était pas la bonne. Celle qui était exposée dans le monument était une fausse. La véritable couronne d’épines se trouvait dans un coffre qu’une seule personne pouvait ouvrir. Or au moment des faits, cet homme se trouvait à Versailles…

Pourquoi cette relique est si précieuse ?

Il s’agit de la couronne que portrait le Christ lors de la crucifixion. Elle a été gardée à Jérusalem pendant trois siècles avant de devenir au XIIe siècle la proprieté de Baudouin II de Courtenay, empereur de Constantinople, puis d’être rachetée très chère par Saint Louis.

J’ai été autorisé à tourner dans certains lieux de la cathédrale.

Quel a été le plus gros challenge ?

Le moment le plus fort et le plus compliqué fut la chute de la voute sous l’effet de la chute de la flèche, mais vue de l’intérieur. J’avais 11 caméras, 75 mètres cube de matériaux enflammés accrochés au plafond avec un créneau de tournage d’une minute et dix seconds. Il ne fallait pas rater cette scène, sinon c’était une semaine de tournage en plus.

Vous avez eu le privilège de filmer l’intérieur de la cathédrale. Que montrez-vous aux spectateurs ?

J’ai en effet été autorisé à tourner dans certains lieux de la cathédrale. Mais présence de plomb oblige, mon équipe était habillée en blanc, et portrait des masques. Plus précisément, j’ai pu filmer l’entrée de la sacristie, le couloir qui y mène, un escalier, le toit de la sacristie, les axes sur la nef sud et la galerie des chimères. Le reste a été reconstitué en studios ou emprunté à d’autres cathédrales.

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