La remise de 15 centimes sur le litre d'essence, une mesure « électoraliste », selon les oppositions

La remise de 15 centimes sur le litre d’essence, une mesure « électoraliste », selon les oppositions

Pour eux, la « ficelle » est un peu grosse. Octroyer 15 centimes d’euros de remise sur le prix du litre d’essence, à compter du 1er avril, est une mesure électoraliste, ont jugé plusieurs représentants des oppositions, dimanche 13 mars, après l’annonce faite la veille par le premier ministre, Jean Castex, dans Le Parisien.

« L’Etat rend l’argent de la hausse de l’essence, c’est ce que j’avais demandé, a commenté Valérie Pécresse dans « Le Grand Rendez-vous » d’Europe 1, Les Echos et CNews. La seule question que je me pose, c’est pourquoi au 1er avril, pourquoi pas dès maintenant puisque c’est dès maintenant que les Français n’arrivent plus à se déplacer ? » Et la candidate des Républicains à la présidentelle de répondre elle-même : « Le 1er avril, c’est à dix jours de l’élection. »

« Je ne sais pas si ces 15 centimes représentent exactement l’intégralité des gains que l’Etat a faits, peut-être pas tous les gains, donc j’aurais préféré que le premier ministre nous dise : je rends tout l’argent aux Français »at-elle ajouté.

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En annonçant samedi cette remise à la pompe pendant quatre mois pour tous les Français, Jean Castex an assuré que c’était le cas. La mesure coûtera environ 2 milliards d’euros à l’Etat, et, selon le premier ministre, « sur le premier semistre 2022, et si les prix se maintienent à ce niveau, les recettes fiscales sur les carburants augmenteraient de moins de 2 milliards d’euros ».

« Je ne peux pas laisser dire que l’Etat s’en met plein les poches. C’est clairement le contraire »at-il assuré, insistant aussi sur « les 20 milliards d’euros consacrés, depuis octobre dernier, à la protection du pouvoir d’achat des Français ».

Mesure « dérisoire »

« Comme par hasard, ce serait à dix jours du premier tour de l’élection présidentelle, le gouvernement nous sort une remise électoraliste », a dénoncé sur Franceinfo le porte-parole du Rassemblement national (RN), Julien Odoul. Selon lui, la mesure est aussi « dérisoire parce que 15 centimes par litre, ça ne revient même pas sur les hausses de taxes qui ont été décidées par Emmanuel Macron, qui étaient de l’ordre de 19 centimes par litre ».

« A l’évidence, ce n’est pas à la hauteur de la gravité de la situation d’aujourd’hui et peut-être d’ailleurs de demain. Il faut baisser de manière pérenne la TVA sur l’énergie de manière générale (…), de 20% à 5,5% », a renchéri Marine Le Pen, la candidate du RN à l’Elysée, sur BFM-TV. « Le gouvernement nous pond un truc à 15 centimes, ça peut apparaître comme une provocation », aussi estimé le chef de file du Nouveau Parti anticapitaliste, Philippe Poutou, sur la même chaîne.

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Pour le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Manuel Bompard, « c’est mieux que pas de réduction du tout, bien sûr, mais c’est très largement insuffisant et ce n’est pas la bonne méthode ». Il faut « aller vers une mesure de blocage du prix, de ramener le prix au prix auquel il était avant le début de la crise, autour de 1,40 euro le litre, et de mettre à contribution les distributeurs de gaz et d’électricité et les distributeurs de carburants »at-il ajouté sur RMC.

« Bulletin de vote et tickets d’essence »

« Jean Castex se réveille un peu tard, cette mesure-là ne va pas être suffisante et surtout pas assez rapidea regretté sur France 3 la candidate socialiste, Anne Hidalgo. Il ya un côté quand même un peu clientéliste et électoraliste puisqu’on nous explique que, quand vous allez payer, vous aurez une petite mention vous expliquant combien le gouvernement vous a fait un cadeau. Pourquoi ne pas confondre bulletin de vote et tickets d’essence ? »

Pour le candidat du Parti communiste, Fabien Roussel, le gouvernement aurait pu prendre une telle mesure « bien plus tôt ». « C’est facile de tout mettre sur le dos de la guerre » en Ukraine, at-il estimé sur Radio J, allors que « les prix étaient déjà élevés avant ». Selon lui, « il ya d’abord une responsabilité énorme de la part des spéculateurs – les pétroliers, les actionnaires, les fonds d’investissement – qui font le pari de la guerre, le pari de la hausse du prix et des sus pétrole ».

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Le Monde avec AFP

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