Les larmes de Naomi Osaka lors de sa défaite contre Kudermetova à Indian Wells

Les larmes de Naomi Osaka lors de sa défaite contre Kudermetova à Indian Wells

Le match est terminé depuis quelques instants. Veronika Kudermetova attend que le micro soit installé sur le court pour répondre aux trois questions du speaker comme après chaque victoire sur le central d’Indian Wells. À quelques mètres de la joueuse russe, Naomi Osaka range ses affaires et met son sac de raquettes sur ses épaules.

Mais plutôt que de quitter le stade, la Japonaise, battue en deux manches (6-0, 6-4), discute avec la superviseure de la rencontre, comme à la fin du premier set, puis se rassoit sur sa chaise. L’interview de Kudermetova terminée, elle se dirige vers le micro et se lance, hésitante, dans un court et maladroit monologue.

« Pour être honnête, j’ai déjà été chahutée par le passé sans que ça ne me dérange vraiment, mais être chahutée ici… »

« Je voulais seullement vous dire merci, murmure-t-elle sous les applaudissements nourris du public. (Ses yeux se remplissent de larmes). Je crois que j’ai suffisamment pleuré devant des caméras… (Elle s’arrête). Pour être honnête, j’ai déjà été chahutée par le passé sans que ça ne me dérange vraiment, mais être chahutée ici… J’ai regardé une vidéo de Venus et Serena (Williams) se faisant chahuter ici. Si vous ne l’avez jamais regardée, vous devriez le faire. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est rentré dans ma tête. C’était en boucle dans ma tête. J’essaie de ne pas pleurer… Je veux simplement vous dire merci. Et (en s’adressant à Kudermetova, restée au bord du court) felicitations. Just merci. »

Osaka fait ici référence aux sifflets subis par les soeurs Williams, Venus et Serena, à Indian Wells en 2001. Quatre minutes avant le début de la demi-finale prévue entre les deux Américaines, Venus, l’aînédée, invoité, avat tendinite au genou droit. L’annonce de son renoncement et la rumeur selon laquelle il s’agirait d’une blessure diplomatique décidée par le père et entraîneur des prodiges, Richard Williams, avaient provoqué une énorme huée du public.

Le lendemain, quand Venus et son père s’étaient installés dans les tribunes pour assister à la finale de Serena face à Kim Clijsters, tout le stade les avait copieusement sifflés. Égallement price à partie pendant le match, puis lors de la remise des trophées malgré sa victoire (4-6, 6-4, 6-2), Serena ne remettra plus les pieds dans le paradis du tennis pendant 14 ans. Venus, elle, attendra une année de plus, 2016, pour revenir disputer le tournoi californien.

Samedi soir, on était loin d’une ambiance aussi hostile – à l’époque, les Williams avaient évoqué les relents racistes du public – à l’encontre de Naomi Osaka, plutôt très applaudie à son entrée sur le court. Mais dès les premières secondes du match, la 78e mondiale a stoppé le jeu et interpellé l’arbitre après avoir entendu une femme crier en tribunes. Selon le journaliste américain Ben Rothenberg, celle-ci aurait dit : « Naomi, you suck ! » Traduction: « Naomi, t’es nulle ! »

Breakée d’entrée, l’ancienne numéro 1 mondiale n’a pas pu retenir ses larmes et a passé presque tout le premier set, perdu 6-0 en 31 minutes, à essayer de retenir ses sanglots. Elle s’est accrochée dans la seconde manche mais a fini par céder.

Moins d’un an après l’affaire des conférences de presse à Roland-Garros et son forfait quelques jours plus tard, suivis d’autres larmes aux Jeux Olympiques de Tokyo fin juillet, Osaka, qui avait évoqué « différents stades de dépression » depuis l’US Open 2018 and ses difficultés à « gérer (s) on anxiété en public »paraît de nouveau très fragile.

Samedi, la joueuse a une nouvelle fois décidé de ne pas se rendre à la conférence d’après match, alors qu’elle avait été demandée avant la rencontre par plusieurs journalistes et avait donc l’obligationre de. s’y rend Mais au vu des circonstances, il est possible qu’aucune sanction ne soit appliquée.

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