critique du Plus Belle la Vie d'une Gossip Girl sur Netflix

critique du Plus Belle la Vie d’une Gossip Girl sur Netflix

Petits meurtres entre amis

The Weekend Away a des allures de téléfilm qu’on a envie de détester avant même d’avoir posé les yeux dessus. Le film dure 1h30, son scénario tient sur un timbre, et il semble largement porté par la notoriété de son interprète principale, Leighton Meester, déjà vue dans l’un de nos plaisirs coupables favoris, Gossip Girl.

Le film raconte la virée en Croatie de deux amies, Beth et Kate. La première est une jeune maman qui s’offre enfin des vacances, en laissant son enfant en bas âge avec son mari en apparence parfait. Kate, elle, est exubérante, habillée comme si elle passait la soirée au plus grand cabaret du monde, et n’hésite pas à se servir avec gourmandise de la carte de crédit de son mari. Lorsqu’après une soirée arrosée Kate disparaît, Beth décide de la chercher. Elle ne sait pas tous les mystères qu’elle va découvrir.

The Weekend Away : photo, Leighton Meester, Luke NorrisRob, l’un des personnages les plus convenus du récit

L’un des reproches les plus classiques qu’on peut adresser à ces productions aux allures de téléfilm, c’est leur rythme mou, souvent pas aidé par des dialogues spongieux. The Weekend Away parvient au contraire à être un divertissement nerveux en empaquetant dans sa narration tout ce qu’il peutau risque d’en mettre trop.

Au contraire d’une intrigue qui resterait statique, le film propose des trials pour la jeune beth qui on du sens. Les péripéties ne sont pas forcées, même si elles sont trop nombreuses. Grossièrement, ça bouge tout le temps, souvent pour de bonnes raisons. En résulte donc un divertissement plutôt généreux, parfois jouissif. Il ne réussit pas tout, mais il essaye, beaucoup.

The Weekend Away : photo, Leighton Meester, Ziad Bakri

Ambiance réunion chez Écran Large

Le récit est d’ailleurs prenant grâce à des interprètes qui sont plutôt crédibles. Là où on craignait au contraire un jeu sans investissement ou une prestation “over the top” à deux doigts de la parodie, le casting plutôt confidentiel parvient à nous faire plonger dans ce thriller presque haletant. C’est l’acteur palestinien Ziad Bakri (à deux doigts d’être un homonyme de Jean-Pierre, donc) qui remporte la palme pour une prestation tout à fait correcte dans un personnage pas évident à incarner.

Enfin, l’une des meilleures surprises du film est sans doute ses décors. Si la direction artistique est plutôt paresseuse, le tournage réalisé en intégralité en Croatie permet de se délecter des nombreuses scènes en extérieur, comme une impression d’une visite touristique et d’un thriller bien au fond de son canapé. La photographie est d’ailleurs d’un autre caliber que ce qu’on pourrait attendre d’un simili téléfilm (toujours très éclairé pour ne jamais défier le spectateur).

The Weekend Away : photo

Un peu nerveuse cette visite touristique

On s’accroche

Si The Weekend Away vide son chargeur en permanence pour éviter à tout prix la mollesse, il lui arrive régulièrement de tirer à blanc. Certaines situations sont abracadabrantesques, certaines coïncidences sont grosses comme des maisons, certains quiproquos seraient facilement déjoués par quelques phrases, et ces moments brouillent l’attention du spectateur, qui ne sait pas si le thriller qu’il regarde essaye d’être sérieux, ou s’il est fatalement voué à être un absolu plaisir coupable à la deux pardie deigts .

Mention spéciale au personnage de Beth qui adore révéler à des méchants qu’elle sait ce qu’ils ont fait dans l’espoir apparent de se faire zigouiller alors qu’elle pourrait les balancer à la police.

The Weekend Away : photo, Leighton Meester

Relax, on est en vacances

Le scénario ressemble donc à une coupe de glace qui dégouline de retournements, dont la plupart sont évidemment convenus. On regrettera d’ailleurs qu’il y ait si peu de fausses pistes afin de nous faire chercher la petite bête, et qu’on devine si aisément la fin. Nous ne sommes pas devant un film de M. Night Shyamalan, quand bien même The Weekend Away abuse des fusils de Tchekhov.

Rapidement, les éléments distillés dans le récit apparaissent comme le jeu de cartes d’un escape game. Tout doit servir, et tout servira, de quoi largement anticiper certains twists grâce aux éléments restants.

The Weekend Away : photo

Ce flic macho vous garantira au moins un fou rire

Enfin, il est parfois difficile de ne pas éclater de rire face au design fonctionnel et grossier de certains personnages, au premier rang desquels les policiers croates, qui parviennent à livrer l’une des plus pauvres itérations du gentil et du méchant flic. Et si on a vanté les mérites des interprétations de la majorité du casting, l’écriture de la plupart des personnages est en revanche complètement stupide. Le développement des personnages tient à peine sur un timbre et finalement, ils reposent tous sur une tension inutile et des faux-suspenses.

Rob est donc le gentil mari, à moins que ? Zain le chauffeur de taxi semble être une âme généreuse au secours de Beth, à moins que ? Le logeur croate semble bien généreux, à moins que ? Ces personnages ne provoqueront jamais de la surprise et ne sont donc jamais intrigants. Toutefois, ils garderont au moins votre attention sans difficulté durant les 90 minutes du film, une qualité pas glorieuse étendue à l’ensemble de la productionqui s’impose finalement comme l’un des plaisirs coupables les plus avouables.

The Weekend Away est disponible depuis le 3 mars 2022 en France sur Netflix

The Weekend Away : Affiche officielle

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