nouveau virage pour la franchise qui renoue avec la tradition des jeux de course

nouveau virage pour la franchise qui renoue avec la tradition des jeux de course

Indétrônable pendant les années Playstation et Playstation 2, la saga Gran Turismo doit faire face à une concurrence de plus en plus rude. Derriere Forza, Project Cars ou Assetto Corsa, le jeu de course de Sony Interactive Entertainment et Polyphony Digital n’est plus la référence en la matière, en dépit de la volonté de son créateur, Kazunori Yamauchi. C’est donc avec impatience que les fans attendaient ce nouvel opus, qui crée l’espoir d’un vrai retour du patron des jeux de course.

Pour ce jeu, pas de scénario en particulier. Polyphony Digital a eu la volonté de proposer une expérience de jeu un peu plus traditionnelle, tout en séduisant les anciens de la licence qui ont usé du pneu sur les precédents jeux.

Gran Turismo 7 se montre assez exemplaire sur le plan de la conduite. À mi-chemin entre simulation réaliste et jeu d’arcade, la série a toujours visé un large public. La conduite y est certes exigeante mais jamais trop complexe, surtout avec les options programmées de base (système ABS, contrôle de traction, correcteur de trajectoire). En allant dans les réglages, il est possible d’affiner davantage la conduite pour la rendre plus accessible encore.

Bien sûr, c’est avec un volant que Gran Turismo 7 déploie tout son potentiel en matière de simulateur de course, comme l’a confirmé Esteban Ocon, pilote français de F1 et consultant dans le développement du jeu. Mais la manette de la PS5 ne démérite pas pour autant, notamment grâce à ses fonctionnalités comme les gâchettes adaptatives, offrant par exemple une belle immersion du frein sur la route. La météo ajoute d’autres problématiques à prendre en compte. Polyphony Digital n’avait d’ailleurs pas menti lors des vidéos de présentation: la pluie change considérablement notre façon de conduire. Et c’est d’autant plus vrai si on démarre sur une piste sèche et que celle-ci évolue. En fonction de l’endroit où le virage est pris, il faudra appréhender votre conduite serlon la zone glissante.

La conduite de "Gran Turismo 7" est réaliste et exigeante, mais jamais complexe, surtout avec les options programmées de base comme l'aide au freinage et les corrections de trajectoire (SONY ENTERTAINMENT)

Grâce au nouveau moteur en 3D mis en place avec Gran Turismo Sport, opus spin-off sorti en 2017, on se rend compte que chaque voiture possède son comportement distinct. Plus on avance dans le jeu et plus les véhicules demandent de la rigueur et un certain doigté dans la conduite, avec une belle gestion de l’accélération et dans le freinage aussi. Les meilleures sensations se retrouvent d’ailleurs sur les tracés sur piste, surtout lorsqu’on est au volant des plus grosses voitures de course.

Conscient que le spin-off multijoueur Grand Turismo Sport n’a pas emballé les joueurs il ya cinq ans, le studio de développement revient à une formule plus classique. Depuis Gran Turismo 6, sorti en 2013 sur PS3, on avait perdu de vue le côté RPG du jeu de course où le joueur progresse à travers différents modes, défis, permis etc. Le tout enrobé dans une carte-menu qui rappelle les premiers épisodes de la franchise. Avant de pouvoir rouler au volant des plus beaux bolides de combat, on démarre en bas de l’échelle, avec des citadines qui ne valent pas plus de 11 500 crédits. Toyota, Mazda ou encore Honda sont les premières marques de voitures avec lesquelles on va démarrer.

Le joueur progresse à travers un jeu de course orienté RPG, avec différents modes à parcourir, des défis, des permis, dans une carte-menu (SONY ENTERTAINMENT)

Tout se mérite dans Gran Turismo 7. C‘est par le biais du nouveau mode “Café” qu’on va pouvoir débloquer la plupart des 424 véhicules, 97 circuits, autres et autres modes pour progresser tranquillement. Dans cet établissement détente où la musique “lounge” prend le pas, on est accueilli par Luca, le proprietaire des lieux, qui a énormément d’activités à offrir aux joueurs. En plus des courses et des championnats, on peut même en apprendre sur la préparation automobile et sur l’histoire de chaque marque et modèle de voiture. L’ensemble est présenté avec soin, mais les vignettes de présentation, les menus et même la mise en scène manque de panache. Certains y verront même un côté rigide, un reproche qu’on fera à de nombreuses reprises à ce Gran Turismo 7. Toujours est-il que ce mode “Café” n’est qu’une version plus moderne du mode “GT”, qui a pour objectif de rendre la progression plus intuitive dans l’aventure en essayant d’éviter au maximum le sentiment de redondance qui peut envahir le joueur.

Si Gran Turismo 7 renoue avec des sensations du passé, qu’en est-il de ses graphismes, puisque le jeu est disponible aussi sur PS5 ? Là encore, il ya du très bon et des désillusions. Sans doute parce que le développement a été optimisé pour qu’il tienne aussi sur la console “ancienne génération” PS4. Lorsqu’il s’agit de modélisation des véhicules, Gran Turismo 7 est exemplary. Carrosserie et intérieur, tout a été réalisé avec une patte d’expert. Il suffit d’ailleurs de se rendre dans le garage pour virer au “Car Porn” et contempler ses voitures sous tous les angles. Le tout est d’ailleurs amplifié avec le mode “Photo”, sans doute le plus abouti dans un jeu dédié à la simulation de course. Toutes les options pour sublimer un cliché sont là. D’autant qu’il est possible de placer son bolide dans un environnement réel, aux quatre coins de la planète. Le résultat est surprenant et il semble acquis que les amateurs de photos passeront plus de temps à soigner leurs clichés qu’à enchaîner les championnats.

Que cela soit la carrosserie ou l'intérieur des voitures, tout a été réalisé avec une minutie exemplaire par les studios de développement (SONY ENTERTAINMENT)

Malgré la modélisation exemplaire des véhicules, l’environnement des courses manque cruellement de vie. Le public, figé, ne dégage aucune interaction avec les conducteurs, et la nature autour des circuits ne présente pas la moindre animation. À cela s’ajoutent quelques bruitages désastreux, comme des crissements de pneus toujours exagérés. Heureusement, le reste de l’ambiance sonore se montre à la hauteur, avec des montées et des descentes de rapport qui sont plutôt bien retranscrits.

Cote technique, Gran Turismo 7 a promis du “ray-tracing” sur PS5, ce qui permet de rendre un éclairage et des reflets beaucoup plus réalistes. Pourtant, ces effets ne se distinguent pas pendant les courses, mais uniquement lorsque les voitures sont à l’arrêt. Un point regrettable tant ces jeux de lumière propres aux consoles de nouvelle génération pourraient apporter un cachet graphique supplémentaire durant les compétitions.

Gran Turismo 7 n’en reste pas moins un bon titre de la license de Polyphony Digital. Entre son aspect visuel réussi et sa partie “simulation réaliste”, le jeu se veut indispensable pour tous ceux qui sont actuellement en quête de sensations fortes. Mai il ne faut pas s’attendre à une oeuvre qui va révolutionner le genre du jeu de course, la faute à un mode de jeu un peu trop classique et un manque de maîtrise technique.

“Gran Turismo 7”, disponible sur PS5 et PS4.

Retrouvez en vidéo toutes les sorties jeux vidéo du mois de mars :

Manu Lafont

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