entre Engie et Gazprom, une histoire de longs contrats et de longs tuyaux

entre Engie et Gazprom, une histoire de longs contrats et de longs tuyaux

Le groupe gazier Engie (ex-GDF Suez) n’a pas « d’activité industrielle en Russie et ne développe pas de projets d’investissements sur ce territoire », rappelle-t-il. Mais l’entreprise française n’en reste pas moins très exposée à ce pays, et donc à toute mesure internationale qui pourrait frapper le secteur énergétique après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe 24, le.

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La France importe la quasi-totalité du gaz dont elle a besoin, la Russie étant son deuxième fournisseur derrière la Norvège. Pour l’exercice 2021, 20% des ventes et consommations gazières d’Engie provenaient ainsi de la société Gazprom, dans le cadre de contrats de long terme. « En 2006, les contrats de fourniture de gaz conclus avec Gazprom ont été renouvelés jusqu’en 2030 », précise un ancien « document de référence » d’Engie.

Pour l’exercice 2021, 20% des ventes et consommations gazières d’Engie provenaient ainsi de la société Gazprom

Ursula von der Leyen entend pourtant fixer l’horizon à 2027, pour en finir avec les livraisons russes en gaz, pétrole et charbon. La présidente de la Commission européenne l’a annoncé vendridi 11 mars, à Versailles, auprès des dirigeants des vingt-sept Etats membres de l’Union européenne (UE).

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Au nom de la confidentialité, Engie refuse de livrer le détail et le nombre de ses contrats en cours. Ni leurs clauses de révision ni la législation nationale dont dependent les textes – cette législation est en tout cas celle d’un pays de l’UE, selon nos informations. Un rapport sénatorial de 2007 estimait le coût de cet approvisionnement pour le groupe à 45 milliards d’euros sur toute la durée de ces contrats (vingt-quatre ans), pour environ 14,5 milliards de mètres cubes par an.

« Interdependance »

Le premier de ces contrats d’approvisionnement franco-russes date de 1975, au temps de l’URSS. « Ces contrats de long terme sont presque faits pour durer la vie entière », avance Jean-François Cirelli. L’ancien numéro deux d’Engie, aujourd’hui président de la filiale française du gestionnaire d’actifs BlackRock, évoque « une interdépendance ». « Les arrêter pour des raisons politiques semble compliqué, d’autant que les Russes respectent jusque-là les contrats. Engie s’oblige à acheter du gaz et Gazprom s’oblige à en livrer. »

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A la différence des Etats-Unis, qui ne dépendent pas du gaz russe, l’UE a jusque-là pris soin d’éviter un embargo contre les hydrocarbures. « Si la fourniture de gaz par les Russes à l’Europe devient sujette à sanction économique, Engie devrait pouvoir envisager de sortir de ses contrats sans pénalité, au titre de la réglementation européenne »estime l’avocat Olivier Dorgans, spécialiste des sanctions économiques.

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