Faut-il prendre au sérieux les avertissements russes sur la Station spatiale internationale?

Faut-il prendre au sérieux les avertissements russes sur la Station spatiale internationale?

Le patron de l’agence spatiale russe Roscosmos a affirmé ce samedi que les sanctions occidentales pourraient provoquer “la chute de la Station spatiale internationale”.

La guerre en Ukraine met-elle en péril la coopération au sein de la Station spatiale internationale? C’est en tout cas ce que craignent les experts après les déclarations de Dmitri Rogozine. Le directeur général de Roscosmos -l’équivalent de la NASA en Russie- an affirmé que les sanctions contre le Kremlin pourraient provoquer la chute de l’ISS.

Selon Gilles Dawidowicz, il s’agit avant tout “d’une posture” de la part de la Russie. Sur BFMTV, le Secrétaire général de la Société astronomique de France a affirmé qu’il s’agissait aussi d’une “guerre des mots, des déclarations, de la communication. Le patron de l’agence spatiale russe s’enflamme depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et participe à la menace”, at-il assuré.

Dans une série de tweets véhéments, Dmitri Rogozine s’en est en effet pris aux occidentaux: “Si vous renoncez à cette coopération, qui sauvera l’ISS d’une désorbitation incontrôlée, avec un risque l’Esque ‘Europe? Il est aussi possible que la structure de 500 tonnes s’écrase en Inde ou en Chine. Voulez-vous faire peser cette menace sur eux?

Si cette description est certainement exagérée, la place des Russes dans la station spatiale internationale est bien “fondamentale”, rappelle Gilles Dawidowicz. Ils participent “au fonctionnement, au ravitaillement de la station – en ramenant du carburant-, des vivres, du matériel technique et scientifique”. Tout cela permet de “remonter l’ISS sur son orbite” régulièrement. Une mission plutôt dévolue aux Russes, d’après le Secrétaire général de la Société astronomique de France.

Un retrait des Russes à court terme jugé peu probable

Pour quelles conséquences à court terme? “Pour le moment, il n’y a pas de réalité” de ces menaces de retrait. La coopération des astronautes est trop “imbriquée” pour imagine retirer les Russes de l’aventure spatiale selon Gilles Dawidowicz. “Il ya des tensions au sol. En théorie, cela ne devrait pas avoir plus de conséquences que cela en orbite.”

À bord de l’ISS, Russes et Occidentaux cohabitent depuis des années. Si les experts mettent en avant le professionnalisme des astronautes, qui se tiennent en général à l’écart des conflits terrestres, la guerre n’est pour autant pas sans conséquence sur la coopération spatiale.

Sauvegarder une bonne entente spatiale

Bien qu’en huis clos dans l’espace, les sept astronautes – quatre Américains, deux Russes et un Allemand – ne sont pas complètement coupés du monde. Ils ont accès à internet, sont tenus au courant de la situation politique, et sont en contact permanent avec les équipes de leur agence spatiale sur Terre.

Les astronautes sont, par ailleurs, tenus à une certaine neutralité politique par le code de conduite des astronautes à bord de la Station, dicté dans les années 2000,

La question qui peut désormais se poser, est celle du renouvellement de la coopération spatiale internationale au-delà de 2024, date de fin de l’utilisation de la Station spatiale internationale.

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