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Dans “Kung-Fu Zohra”, Sabrina Ouazani se met aux arts martiaux pourtre les violences conjugales

La comédienne est l’héroïne d’un nouveau film qui mélange “La Fureur de vaincre” et “La Guerre des Roses” et aborde avec justesse les violences faites aux femmes.

En salle ce mercredi, Kung-Fu Zohra est un film unique en France. Premier film de kung-fu français, ce long-métrage signé Mabrouk El Mechri (JCVD), est un étonnant mélange entre La Fureur de vaincre et La Guerre des Roses. Il met en scène une héroïne comme notre cinéma en a rarement vu. Pour quitter l’emprise de son mari violent Omar (Ramzy Bédia), Zohra (Sabrina Ouazani) va apprendre le kung-fu et rendre coup pour coup.

L’affiche la montre déterminée, en position de combat, telle une star de la Shaw Brothers, le mythique studio hongkongais qui a révolutionné les films arts martiaux dans les années 1970. Sur son dos est floquée la lettre Z en arabe. “Elle me fait penser au S de Superman”, se réjouit la comédienne de Plan cœur.

“J’ai encore du mal à croire que ce soit moi sur cette affiche”, s’étonne l’actrice, connue du grand public pour ses rôles dans les comédies potaches de Franck Gastambide. “Il ya du danger et en même temps une force dans le regard. Elle n’a pas peur. On la positionne tout de suite comme une femme forte, et non comme une victime.”

Une histoire personnelle

C’est l’ambition de ce film, imaginé par son réalisateur Mabrouk El Mechri pour sa fille de 8 ans. “J’ai fait le film pour qu’elle ait un modèle comme Rocky, qui m’avait beaucoup marqué quand j’avais son age”, confie le metteur en scène, qui s’est aussi inspiré de l’histoire de ses parents (Zohra est le prénom de sa mère) pour ce film qui aborde avec justesse les violences faites aux femmes.

Un sujet que Mabrouk El Mechri a voulu rendre compréhensible par un public le plus large possible, en s’appuyant sur les codes des films de kung-fu des années 1970. “J’avais toujours en tête que ma fille de huit ans puisse voir le film. Avec des bruits de kung-fu, on regarde l’image. Si je mets des bruits réalistes de coups d’un homme sur une femme, on détourne le regard. L’idée était de neutraliser la violence pour continuer à soutenir le regard et à suivre les personnages jusqu’au bout.”

Pour ce faire, Mabrouk El Mechri s’appuie sur un duo très complice au quotidien, Ramzy Bédia et Sabrina Ouazani, qui a suivi une intense formation physique pour livrer des combats dignes du cinéma de Hong Kong. “Il faut beaucoup de confiance pour faire des scènes de cette envergure”, indique Sabrina Ouazani. “Cette grosse préparation physique nous a permis de rentrer dans le film.”

Sportive depuis l’enfance, elle n’avait jamais pratiqué d’arts martiaux à part le judo. “J’ai appris à faire du tissu aérien, à mettre des kicks en faisant du kung-fu. Ramzy Bédia an appris une discipline qui s’appelle la boxe de l’homme ivre.” C’est Ramzy Bédia qui a soufflé le nom de Sabrina Ouazani à Mabrouk El Mechri. “Une bonne actrice physique, prête à se taper, et qui soit crédible la-dedans, il n’y en a pas 160 en France”, insiste l’acteur.

Avec les méthodes hongkongaises

Kung-Fu Zohra a été tourné avec les méthodes hongkongaises, avec une chorégraphie inventée au fur et à mesure du tournage. “On arrive ainsi à un résultat beaucoup plus organique”, explique Mabrouk El Mechri. “Entre les prises, pour rester en form, on courait. Le soir, on était épuisé. On a passé les journées à courir”, ajoute Ramzy Bédia, qui a pratiqué la boxe par le passé et a déjà liv combat un de mémorable -fu dans La Tour Montparnasse infernale. “Ce n’était pas vraiment du kung-fu et je n’avais que fait que 25 minutes de préparation”, précise-t-il.

Sabrina Ouazani et Ramzy Bedia dans le film "Kung-Fu Zohra"
Sabrina Ouazani et Ramzy Bedia dans le film “Kung-Fu Zohra” © Gaumont

Ramzy livre dans Kung-Fu Zohra une interprétation plus sombre que dans le classique de la comédie française. Il s’y montre comme à son habitude d’une aisance absolue pour se glisser dans la peau d’un individu purement malfaisant. Sur le plateau, il jouait si bien qu’il effrayait Sabrina Ouazani. “Je ne voyais plus le Ramzy que je connais, mais Omar et toute la violence qu’il portait en lui. C’est à des années-lumière de ce qu’il est. C’était d’autant plus impressionnant de le voir” dans ce registry.”

Face à lui, Sabrina Ouazani surprend avec un jeu tout en retenue. Souvent cantonnée à des rôles de femmes énervées, elle ralentit la cadence pour livrer une prestation émouvante. “Je n’avais pas envie de trahir l’histoire de Mabrouk”, justifie-t-elle. “J’avais conscience de la richesse du rôle, dès l’écriture, au-delà du challenge physique.” Une exigence nécessaire pour incarner une telle héroïne, la première, on l’espère, d’une longue lignée dans le cinéma français.

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