La guerre en Ukraine ne fait pas flamber que les prix du pétrole et du gaz

La guerre en Ukraine ne fait pas flamber que les prix du pétrole et du gaz

INFLATION – Les combats meurtriers en Ukraine durent depuis 11 jours, sans signes réels de détente au niveau diplomatique, à la date de ce lundi 7 mars. Resultat? Les pays occidentaux multiplient les sanctions contre la Russie de Vladimir Poutine, les marchés actions chutent et les prix de nombreuses matières premières, déjà sous tension depuis plusieurs mois à cause de la reprise plus économique, montentè unchedè de l’approvisionnement mondial.

Producteurs, acheteurs et investisseurs s’inquiètent ou anticipent désormais d’importantes perturbations des exportations en provenance de Russie et d’Ukraine, si ce n’est un possible embargo à venir sur certains produits russes.

Renforcées par la baisse de l’euro face au dollar, ces hausses importantes sur les cours sont déjà visibles sur les prix des carburants, du bleé ou du maïs pour les éleveurs et consommateurs, mais elles elles vont de ect égales. Le HuffPost fait le point sur la flambée des prix des matières premières.

  • Le prix du gaz franchit un record historique

L’envolée la plus spectaculaire est celle des prix du gaz vendu sur les marchés européens. L’Europe est bien plus dépendante du gaz russe que les États-Unis. La guerre et les sanctions contre la Russie -qui fournit 40% des importations de gaz de l’Union européenne- ont fait exploser la référence du marché en Europe, le TTF néerlandais. Ce lundi 7 mars il a dépassé les 260 euros, battant un nouveau record, alors que son prix était de moins de 20 euros il ya tout juste un an.

“À notre avis, le marché prend désormais pour acquis qu’un gazoduc très important qui passe à travers l’Ukraine va être endommagé par les combats”, jugeait en plus un analyste interrogé par l’AFP ce lundiin. Cela alors que l’Allemagne a déjà suspendu le projet de gazoduc Nord Stream 2.

De plus, les membres des pays exportateurs de gaz, dont fait partie le Qatar, ont prévenu qu’ils disposent de capacités limitées pour augmenter rapidement l’approvisionnement de l’Europe. L’Union européenne importe 40% de son gaz de Russie, la France près de 20%.

  • Le baril de pétrole au-dessus des 130 dollars

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, l’une des deux références du marché, a frôlé dimanche soir 140 dollars, proche de son record absolu de 147,50 dollars datant de juillet 2008. Même si les sanctions occidentales n’ ont pas été jusqu’à interdire les exportations russes, l’offre est touchée, notamment parce que certaines sanctions financières et bancaires rendent impossibles certains achats avec la Russie.

Face à l’aggravation de la guerre en Ukraine, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a déclaré dimanche que les États-Unis et l’Union européenne discutaient “très activement” de la possibilité d’interdire les import russe de pés. Le président ukrainien, Volodomyr Zelensky, aussi lancé un appel en ce sens.

Les Européens sont toutefois plus prudents, certains États de la région comme l’Allemagne dépendant étroitement du pétrole et du gaz russes. Notre voisin, et premier partenaire économique, importe de Russie 55% de son gaz, 42% de son pétrole ainsi que du charbon. Une dependance pour laquelle le gouvernement a fait son autocritique depuis l’invasion de l’Ukraine mais qui va nécessiter des années pour être réduite.

“Nous allons devoir tous faire un effort”, “tous faire beaucoup plus attention à nos consommations d’énergie”, “tous prendre conscience que nous entrons dans un monde nouveau”, a lui jugé lundi le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire sur BFMTV et RMC, précisant qu’une réponse aux Français “les plus touchés par la crise” et la hausse des prix des carburants sera apportée dans les prochains jours. Le prix du gazole s’est envolé de 14 centimes, le litre en moyenne la semaine dernière in France, celui du SP 95-E10 de 7 centimes.

De son côté, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) a décidé mercredi de s’en tenir à une ouverture des vannes au compte-gouttes malgré l’embrasement des cours.

Niveau prix de l’énergie, le pétrole et le gaz ne sont pas les seuls produits à voir leur prix s’envoler. Une autre énergie fossile très polluante, le charbon, voit son prix bondir. Face à des craintes de pénuries en Europe, son prix a pulvérisé jeudi son record historique, à plus de 400 dollars la tonne, contre un précédent record de près de 300 dollars en October 2021.

  • Vers des voitures plus chères avec la hausse des minerais et métaux?

Dans le sillage des prix de l’énergie, la flambée des prix touche de nombreux métaux, produits notamment en Russie. L’aluminium -dont la production est particulièrement gourmande en électricité- a dépassé pour la première fois la barre des 4.000 dollars la tonne à Londres, tandis que le cuivre a touché de nouveaux plus hauts historiques. Ces matériaux sont utilisés dans de nombreux secteurs, de l’automobile, aux transports, en passant par la construction ou encore l’électronique.

Sans atteindre ses derniers sommets remontant à 2007, le prix du nickel progresse de plus de 25%. La Russie était le troisième producteur mondial derrière l’Indonésie et les Philippines, mais elle est en deuxième position pour le nickel raffiné, derrière la Chine. Or, le métal est l’un des plus demandsés sur la planète dans les usines de batteries électriques, censées permettre à l’industrie automobile d’abandonner le pétrole.

La situation en Ukraine fait aussi flamber les métaux précieux à l’image de l’or, valeur refuge pour les investisseurs, qui a dépassé les 2,000 dollars l’once lundi matin, atteignant son plus haut niveau depuis septembre 2020. Mais la vedette marché des métaux précieux est le palladium, dont la Russie contrôle près de la moitié du marché mondial. En hausse de plus de 50% depuis le début de l’année, ce métal principalement utilisé par l’industrie automobile pour concevoir des pots catalytiques approche de son plus haut historique.

Toutes ces hausses, même si leurs ampleurs seront lissées et répercutées sur plusieurs semaines, font crindre une augmentation des coûts de construction et donc de vente pour les voitures, les ordinateurs ou t éursé nuances à décorléphone. De plus, certain constructeurs possèdent des usines dans les zones de guerre et cela a des effets immédiats sur la production.

  • Record absolu pour le blé, les éleveurs inquiets

​Le prix du blé, dont la Russie et l’Ukraine représentent à elles deux près de 30% des exportations mondiales, an atteint vendridi un record à la Bourse de Chicago, battant un record vieux de 14 ans. En Europe, le cours du blé flambe depuis le début du conflit pour atteindre lundi un prix inédit, à 450 euros la tonne.

En raison du conflit, plusieurs millions de tons de blé, de maïs ou de tournesol sont bloquées dans les ports de mer Noire, notamment à Odessa. Célèbre pour ses champs de tournesol à perte de vue, l’Ukraine est égallement le premier producteur mondial de l’oléagineux et premier exportateur mondial de son huile, mettant ainsi sous tension le marché des huiles.

L’approvisionnement en céréales des nombreux pays africains, de plus en plus dépendants des blés russes et ukrainiens, inquiète. Lors des dernières émeutes de la faim, le prix du blé était sur des niveaux bien inférieurs à ceux actuels. La France dispose, elle, d’un surplus exportable de blé et de maïs, mais il ne compensera pas la perte engendrée par le conflit et son impact pour la filière élevage et viande.

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