Marion Sicot risque finalement quatre ans de suspension

Marion Sicot risque finalement quatre ans de suspension

C’est comme une route de la rédemption qui s’allongerait sans fin. Marion Sicot s’est dopée, un jour désespéré de championnat de France, de contre-la-montre (10ème) en 2019 et n’en est pas fière. Elle l’avait avoué, neuf mois plus tard, devant les caméras de Stade 2 en mars 2020. L’AFLD exigeait quatre ans de suspension. Les sages de sa commission des sanctions, trois heures durant, l’avaient écoutée. « J’avais devant moi des orilles attentives, pas fermées, je m’étais dit que quoi qu’il arrive j’avais pu m’exprimer que je n’aurai aucun regret. »

La commission est composée de conseillers d’État, de scientifiques, de sportifs. Ils ne pouvaient pas ne pas sanctionner, puisque de l’EPO fut retrouvée dans les urines de Marion. Mais ils avaient retenu une circonstance atténuante : Marion Sicot était harcelée par son entraîneur, un belge, Marc Bracke. « Un harcèlement d’autant plus inadmissibleécrivit la commission, qu’il connaissait la précarité de la situation de la jeune femme et ne pouvait ignorer l’emprise qu’il exerçait sur elle du fait de ses fonctions de dirigeant’, entretenant « des rapports malsains. »

La Fédération Internationale de cyclisme a suspendu Marc Bracke trois ans en juin 2021 pour ces faits.

« J’ai sombré, je mérite d’être suspendue, mais pas plus que lui (Marc Bracke, son ancien entraîneur) »

« J’ai sombré, résume-t-elle, je mérite d’être suspendue, mais pas plus que lui. » La commission des sanctions a rendu son verdict en décembre 2020 : deux ans. L’AFLD, plusieurs mois après, a fait appel auprès du Conseil d’État, l’ultime recours.

Un rapporteur public a été nommé : il a conclu que Marion Sicot (29 ans) devait être condamnée à 4 ans, que le harcèlement devait être déconnecté du dopage. « C’est une price unique, dans un contexte particulier », e son avocat auprès du conseil insisted d’État, Me Jérôme Rousseau. « Donc même si on avoue, même si on a des circonstances particulières, c’est même tarif », enrage-t-elle.

L’AFLD ne souhaite pas commenter. Tout juste plaide-t-elle un souci juridique, le code mondial du sport qui imposerait une peine plancher, dans ce cas fixé à quatre ans. Ce qui par ricochet signifierait que sa commission des sanctions est inutile. Son président, Remi Keller n’a pas souhaité non plus commenter. « La raison d’être de cette commission, c’est son indépendance», note Me Rousseau.

Engagee sur des Ironman en triathlon

D’ici quelques jours le conseil d’État rendra sa décision. En général, il suit le rapporteur. Déshonorée, fragile, Marion Sicot tentait de se reconstruire. Elle avait été autorisée à reprendre une license de sport depuis août dernier et s’était mise au triathlon XXL, terminant même deuxième féminine de l’Embrun Man d’Embrun en 11h40. « C’était une renaissance, le triathlon longue distance est un sport qui me convient mieux, détaille-t-elle. Je préfère me battre contre-moi-même que contre les autres. »

Elle compte s’engager sur l’Ironman de Nice (22 juin), puis à Embrun. Vise Hawaï si elle parvient à se qualifier. Elle envisage aussi d’être capitaine de route d’une équipe de division nationale, à Cognac, d’accompagner les plus jeunes tout en continuant des actions de prévention. Avec une suspension longue durée, ce ne sera sans doute pas possible.

Son club, à Châteauneuf-sur-Loire, a lancé une pétition qui approche les 700 signataires. Des pros ont signé. Christian Passigny, le president du club conclut : « Elle voulait s’en sortir, elle avait choisi la mauvaise solution, elle a payé sa dette, elle essaye chaque jour de rembourser un peu plus que ce qu’elle a déjà payé. »

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