Lot-et-Garonne : qui était Jérôme Garens, ce rugbyman décédé, ce dimanche, après un match ?

Lot-et-Garonne : qui était Jérôme Garens, ce rugbyman décédé, ce dimanche, après un match ?

l’essentiel
Jérôme Garens est mort, ce dimanche en fin d’après-midi, dans les vestiaires du stade de Saint-Aubin o il venait de disputer un match avec ses coéquipiers de Saint-Aubin face à Mézin. Victime d’un malaise, il n’a pas pu être ranimé.
Ce solide gaillard a eu une carrière exceptionnelle depuis son jeune âge qui l’a conduit de Laroque-Timbaut au SUA avant de faire les beaux jours de l’USR et de Layrac. Depuis trois saisons, il était entraîneur joueur à Saint-Aubin.

La peine est immense de penser que le sourire de Jérôme Garens n’éclairera plus les relations qu’il avait avec ceux qu’il aimait. Ce roc avait une énorme passion pour des moments de joies, de rigolades qu’il aimait partager avec des amis. Son sourire était naturel avec sa clientèle de la boucherie-charcuterie de la rue du Commerce à Laroque-Timbaut ou bien lors des retrouvailles avec des amis supporters comme dernièrement au stade Pénétro de Layrac pour le choc face. Son sourire, il l’a souvent réservé aussi à ses adversaires sur le terrain, une façon de les intimider et ça marchait. Il s’est envolé brutalement, ce dimanche 6 février, en fin d’après-midi, terrassé par un malaise cardiaque à l’issue de la rencontre qu’il avait disputé avec ses coéquipiers de Saint-Aubin face à Mézin. Jérôme Garens avait 39 ans.

Sur les traces paternelles

Il valait mieux l’avoir dans son équipe qu’en face. Il avait ses détracteurs qui lui faisaient payer quelque part une certaine jalousie de ne pas l’avoir avec eux. Il était respecté par les joueurs de son espèce “durs au mal”. Il avait suivi les traces de son père Jean-Claude en commençant à jouer au rugby puis en devenant l’excellent professionnel de commerce de bouche.

Le rugby, il le commença à l’Union Sportive Roquentine (USR) dont son père fut un des “forçats” au début du club. À 14 ans, le SUA détecta les qualités du garçon et Jérôme porta le maillot “bleu et blanc jusqu’en juniors. il avait même été appelé en équipe de France des moins de 21 ans.

“À 20 ans au moment d’intégrer le center de formation, une batterie de tests médicaux avait décelé un problème cardiaque”, explique Francis Portes chargé du recrutement chez les jeunes. Le jeune Garens qui avait été déjà intégré à des entraînements de l’équipe première dirigée par Christian Lanta et Christophe Deylaud a dû mettre la pratique du rugby en stand-by en attendant un traitement médical. Revenu à Laroque-Timbaut, le jeune Garens devint tout simplement entraîneur des seniors avec Patrick Chinette et Lionel Julian. L’USR devint champion du Périgord-Agenais. Lorsque Jérôme eut le feu vert de la faculté, l’USR devint encore plus forte car l’homme était fédérateur, rassurant son équipe composée de joueurs en pleine confiance.

Jérôme Garens avait assisté dernièrement à un match à Layrac, un club ou il a longtemps évolué.

Jérôme Garens avait assisté dernièrement à un match à Layrac, un club ou il a longtemps évolué.

Une finale du championnat de France perdue à Mauvezin en 2007, une demi-finale des “France” perdue à Bassoues l’année suivante. Entre ces batailles, après une victoire au milieu des supporters, son sourire s’éclaira encore plus quand emilie le demanda devant nous en mariage. Jérôme Garens se remit sur les traces de son papa en allant comme lui jouer à Layrac. Avant de s’engager, il avait regardé jouer cette équipe plusieurs matches. Il y signa avec son ami roquentin demi de mêlée Sébastien Gélade. Le tandem David Ardilouze et Patrick Dépis se frottaient les mains. Layrac allait construire avec d’autres joueurs une équipe taillée pour la route et la route fut belle. Un autre ami roquentin Julien Pédron vint les rejoindre.

Jérôme Garens avec Julien Pedron son grand ami.

Jérôme Garens avec Julien Pedron son grand ami.

Layrac commençait à tailler patron et remporta le titre du Périgord-Agenais 2015. Jérôme fait partie des figures historiques de l’ASL avec la montée en fédérale 3. Il était à la proue du navire racais que née en car la voi qui Périgord, dans les Landes ou bien sur le Bordelais, les clubs savaient qu’à Layrac il y avait:”Garens”. Après un match de mars 2013 face à Rieumes, il confiait “que ça tapait trop fort” dans le jeu qu’il fallait être raisonnable.

Avec les crampons de son ami Mathieu De Carli

Jérôme décida de revenir à Laroque son village auprès de l’USR. Il retarda son retour sous le maillot “rouge et noir” pour avoir subi une opération à un pied fracassé par une poutre en aidant des amis layracais. À partir de ce jour-là,il joua avec une protection à son pied mais il dut changer de taille de chaussures et c’est son ami Mathieu de Carli qui lui céda les siennes pour jouer. Pressenti près du domicile familial à l’AS Passage, il fit voguer sa carrière à Saint-Aubin avec l’ami Mathieu Maillard. Un club ou il apportait son énorme expérience depuis trois saisons. Toujours avec la même passion. Jérôme Garens n’hésitait pas à enfiler short et maillot pour porter main forte au pack saint-aubinois. Jusqu’à cette ultime rencontre, ce dimanche 6 février, un derby comme il les aimait. Cette fois-ci, le match de trop et une passion qui l’enlève brutalement à l’amour des siens.

En même temps, Jérôme Garens portait le maillot des hôpitaux agenais dans une équipe intergénérationnelle. La Covid a surpris tout le monde. La Paloque qui avait retrouvé des couleurs de joie avec les compères devait pousser cette saison de reprise derrière son équipe dans une série difficile à jouer.

Aujourd’hui, tous pleurent le rugbyman, l’ami et gardent en mémoire sa force, son sourire, son envie de vivre et de partager.

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