Les prix des carburants sont en hausse et atteignent des records depuis des semaines, dans le sillage des cours du pétrole. PHOTO PHILIPPE PAUCHET LA VOIX DU NORD

mais pourquoi les prix augmentent-ils autant?

En fin de semaine, vendredi, on a trouvé du gazole et du SP95 à plus de 2 € dans des dizaines de stations services du Nord et du Pas-de-Calais. Leur flambée a été alimentée ces derniers mois par la reprise économique mondiale, après deux ans de Covid et de crise sanitaire, et une offre toujours limitée des grands pays producteurs de pétrole.

Puis cette tendance a été exacerbée après le début de l’invasion de l’Ukraine: la Russie étant le deuxième pays producteur de pétrole au monde derrière les États-Unis et le deuxième exportengateur derriée au et Arabe l’Ukraine a plongé les marchés pétroliers dans une tension jamais vue depuis 2014, avec un baril repassé au-dessus des 120 dollars.

Le pire, c’est que cet impact ne s’est vraisemblablement pas encore totalement refleté dans les prix à la pompe. Selon le PDG de Système U, Dominique Schelcher, invité sur BFMTV, il faut s’attendre à une «
hausse brutale du carburant dans les jours à venir
». En cause, la valeur de l’Euro, qui est aussi en train de s’affaiblir. «

Donc le carburant qu’on [les commerçants] achète ce matin coûte au moins une dizaine de centimes de plus par litre

», ce qui se répercute sur l’automobiliste qui fait son plein.

D’ailleurs, dans d’autres pays européens, la barre des deux euros le litre a été franchie en début de semaine déjà, fait remarquer Auto Plus. Aux Pays-Bas, le SP95 s’échangeait en moyenne pour 2,061 € par litre, voire même 2,094 € par litre en Norvège, lundi 28 février… Le diesel n’est pas beaucoup mieux positionné, et dépassait 2,10 même les liter en moyenne en Suède.

À prix coûtant : ça se termine ce dimanche chez Leclerc

La hausse des prix à la pompe est une problématique sensible pour le gouvernement français à l’approche de l’élection présidentielle et sur fond de renchérissement du coût de la vie. Des mesures d’accompagnement ont déjà été annoncées pour les ménages (augmentation de l’indemnité kilométrique, indemnité inflation…), tandis que certains consentent distributeurs des ristournes à leurs clients. Pour rappel, l’opération de carburant à prix coûtant chez Leclerc, qui a commencé le samedi 5 février et se termine ce week-end.

Les regards sont aujourd’hui tournés vers l’Iran, qui pourrait augmenter sa production pour soulager les marchés. Ce qui ne se fera pas sans concession probablement… Tel un accord sur le nucléaire. «
L’envolée des cours met sous pression les gouvernements occidentaux, en particulier les Américains
», souligne dans une note Henry Rome, chez Eurasia Group.

Car si Washington réintègre le JCPOA, quitté en 2018 sous la présidence de Donald Trump, les sanctions internationales visant Téhéran seraient alors levées, et les exportations iraniennes de pétrole débloquées. L’afflux sur le marché mondial de cet or noir supplémentaire changerait totalement la donne et freinerait considérablement les prix à la pompe, dont la hausse préoccupe aussi la Maison Blanche.

À l’inverse, l’Iran pourrait être moins pressé de conclure, fort des revenus pétroliers accrus tirés de ses ventes à la Chine, ajoute M. Rome.De fait, la République islamique prend son temps et insiste depuis plusieurs sess jours lignes rouges », à savoir l’étendue des sanctions à lever et la question centrale des garanties.

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