Vincent Bolloré veut racheter Hachette?  Mélenchon envisage une nationalisation

Vincent Bolloré veut racheter Hachette? Mélenchon envisage une nationalisation

POLITIQUE – Tout faire pour empêcher la suprématie Bolloré dans l’édition. Ce jeudi 17 février, le candidat des Insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon s’est dit prêt à nationaliser temporairement Hachette pour bloquer le rachat de la maison d’édition par le groupe Vivendi.

Sur Twitter, le député des Bouches-du-Rhône a dénoncé “la concentration étouffante de l’édition.” “Nous ne l’accepterons pas plus que dans les médias”, écrit Jean-Luc Mélenchon, ulcéré par la très probable offre de rachat par Bolloré de la maison mère d’Hachette Livre.

Après avoir fait fortune dans l’industrie, notamment sur le continent africain, Vincent Bolloré s’est attaché à peser dans les medias, via son groupe Vivendi. Il est désormais présent dans l’audiovisuel (groupe Canal+ et ses chaînes C8 et CNews, radio Europe 1), la presse écrite (Prisma Media, premier groupe de magazines en France, JDD, Paris-Match, Prisa en Espagne), la publicité et communication (Havas), les télécoms (Telecom Italia) et l’édition (Editis).

C’est justement ce dernier domaine qu’il espère élargir en continuant de racheter les parts du groupe Lagardère dans l’édition: Hachette Livres, numéro 1 de l’édition en France. S’il y parvient, le groupe Vivendi sera proprietaire des deux plus gros groupes d’éditions français, tout secteurs (parascolaire, littérature, etc…) confondus.

“Stop Bolloré”

Cette concentration des médias entre les mains d’un même homme inquiète, à quelques semaines de l’élection présidentelle. Mercredi, un collectif baptisé “Stop Bolloré”, composé de syndicats, associations, médias et personnalités de gauche, a lancé un appel pour dénoncer la constitution d’un “empire médiatique tentaculaire” accusé de servir une “idénologie”.

“Derrière ces logiques de concentration, de prédation économique, il ya une logique de domination politique”, a estimé à la tribune du collectif Edwy Plenel, cofondateur du média d’investigation Mediapart.

Le collectif vise en particulier CNews, accusée de nourrir “une obsession pour les thèmes d’extrême droite”. Via certains de ses membres, le collectif a saisi l’Arcom (ex-CSA) au sujet de “multiples manquements” observés, selon lui, dans l’émission “Face à l’info”. Entre 2019 et 2021, elle accueillait le journaliste Eric Zemmour, désormais candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle.

Face aux sénateurs, Vincent Bolloré avait nié tout objectif politique dans sa stratégie d’acquisitions: “Notre intérêt (est) purement économique”.

À voir également sur Le HuffPost: “Cnews n’est pas une chaîne d’opinion”, assure le président de Canal+ Maxime Saada au Sénat

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