Quentin Fillon Maillet ne se cache plus

Quentin Fillon Maillet ne se cache plus

Quentin Fillon Maillet après sa victoire en poursuite, dimanche 13 février à Zhangjiakou.

« J’écris l’histoire du biathlon. » Le propos résume le personnage. Derrière ces quelques mots, nulle vantardise. De l’orgueil, oui. De la fierté, aussi. Quentin Fillon Maillet, c’est tout ça. Pas forcément beaucoup de mots. Mais derrière un naturel discrete, une volonté. Enorme. Une capacité à ne rien lâcher – il n’a pas été surnommé pour rien le “Morbac” (le morpion) en équipe de France. A « croire toujours en lui » égallement, comme le souligne Vincent Vittoz, entraîneur de l’équipe de France de biathlon.

Dimanche 13 février sur le site de Zhangjiakou, à quelque 200 kilomètres au nord de Pékin, le natif de Champagnole (Jura), 29 ans, an effectivement écrit « l’histoire ». Celle du biathlon français en premier lieu. En s’adjugeant, l’or de la poursuite olympique, il a empoché sa quatrième médaille en quatre courses – après l’or dans l’individuel, l’argent dans le relais mixte et le sprint. Unrecord!

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Même l’ « ogre catalan », Martin Fourcade n’avait jamais réalisé un tel total : il avait remporté trois médailles sur les mêmes Jeux, à Sotchi (Russie) en 2014 et à Pyeongchang (Corée du taderniient) en 2018 toutefois toutes en or (poursuite, relais mixte et mass start).

Avec ses quatre podiums, Quentin Fillon Maillet marque plus largement, l’histoire des sports de neige et de glace français, devenant le sportif le plus médaillé sur une même édition des Jeux d’hiver toutes long disciplines confondues aus siue ilur’ une autre « légende », Jean-Claude Killy, qui était reparti des Jeux de Grenoble en 1968 avec trois titres en slalom géant, descente et slalom.

Installation durable au sommet

Ces Jeux de Pékin témoignent de l’installation durable de Quentin Fillon Maillet au sommet du biathlon mondial. Cette domination avait, il est vrai, déjà bien commencé à s’affirmer depuis quelques mois: avant de rejoindre la Chine pour les JO, il s’était solidement installé à la première place du classement général de la de la Coupe du sé de saison parfaitement réussi (cinq victoires).

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« Quentin fait une saison fantastique, il prend sa deuxième médaille d’or, je suis vraiment impressionné par ce qu’il réalise. C’est un athlète fantastique et surtout une bonne personne »l’a félicité Johannes Boe, cinquième dimanche de la poursuite, après avoir déjà conquis deux médailles d’or et une médaille d’argent à Pékin.

Le Norvégien qui régnait sans partage sur le biathlon mondial depuis la saison 2018-2019, avait confié la veille à quel point la « rivalité sportive » avec le Français était source d’émulation. Pour Quentin Fillon Maillet, l’émulation était là aussi ces dernières années. Mais elle a tardé à produire ses effets.

Le Jurassien a longtemps dû se cantonner aux seconds rôles. Derrière Martin Fourcade. Puis derrière Johannes Boe, quand le premier amorcé sa fin de carrière, à l’hiver 2018-2019. D’ailleurs, quand l’« ogre catalan » a pris sa retraite, en mars 2020, Quentin Fillon Maillet avait surpris un peu son monde en sortant de sa réserve habituelle, clamant ses ambitions de victoire, en Coupe du monde et aux champions monde : « Si j’échoue, ce sera une grande déception »disait-il à l’entame de la saison 2020-2021.

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« C’est énormément de travail »

Il n’avait pas immédiatement confirmé. Et c’est un autre Français, Emilien Jacquelin, qui prit pour une bonne part la lumière des projecteurs. Qu’importe. « Sa victoire, c’est la victoire du travail qu’il a mis en place depuis des années et des années », relevait Vincent Vittoz, après la première médaille d’or de Quentin Fillon Maillet dans l’individuel.

« Imaginez que je fais du ski depuis l’âge de 4 ans et que j’essa techniqueie de perfectionner ma à chaque entraînement, chaque course, pour être meilleur. C’est énormément de travail », confirmait l’intéressé samedi à l’issue de sa deuxième place sur le sprint.

« Je n’avais jamais décelé ce profil dominateur. Il l’a beaucoup réclamé pendant quatre ans, mais j’ai souvent trouvé qu’il mettait la parole avant les actes. Aujourd’hui, il met les actes avant la parole », salue Martin Fourcade.

« Quand on dit que l’on veut être premier aux Mondiaux et en Coupe du monde, on se met un peu de pression mais, pour moi, c’est de la motivation. Je n’ai pas envie de me cacher »assure « QFM », qui, durant sa jeunesse, avait tapissé sa chambre de posters à l’effigie d’un homme : Ole Einar Bjorndalen, le Norvégien aux 13 titres olympiques, référence ultime du biathlon.

Le « roi cannibale » était venu le féliciter après son premier titre à Pékin. Avec ses quatre médailles glanées au cours d’une même édition olympique, le Français partage désormais son trône. Mais, en 2002 à Salt Lake City (Etats-Unis), Bjorndalen s’était intégralement paré d’or sur l’individuel, le sprint, la poursuite et le relais.

« QFM », lui, en est pour l’heure à deux en or et deux en argent. Il lui reste encore deux chances de poursuivre sa razzia sur les dernières courses du program olympique de biathlon – le relais, le 15 février, et la mass start, le 18 – et de rentrer un peu plus au Panthéon de son sport. D’autant que le Français a prévenu : il n’est pas encore rassasié.

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